Réforme des retraites : recours au 49.3 pour un passage en force.

Lors du conseil des Ministres exceptionnel du 29 février concernant la lutte contre l’épidémie de coronavirus, le Président Macron a autorisé le Premier ministre à déclencher le 49.3 sur le projet de réforme des retraites.

Réaction du Parti socialiste  (extrait du communiqué):

« Depuis le début du débat parlementaire sur les retraites, les député.e.s socialistes ont fait preuve d’une opposition résolue et utile à la bonne compréhension d’un projet injuste. Avec leurs 700 amendements, ils ont argumenté pied à pied pour faire apparaître les zones d’ombre et les régressions de ce projet.

Quelle urgence y a-t-il à voter un texte dont personne ne connaît le financement et qui n’a pas vocation à s’appliquer avant 2022 ?

Lundi dernier, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure a demandé au Premier ministre d’agir dans le sens de l’unité de la Nation, de rassembler les Françaises et les Français au moment où le pays doit faire face à ce qui se présente de plus en plus comme une grave épidémie, voire une pandémie. En utilisant le 49.3, le Premier ministre choisit au contraire d’alimenter les ferments de la division. C’est irresponsable.
Jamais un gouvernement, sous la Cinquième République, n’avait fait preuve d’un tel cynisme. Utiliser la peur pour rogner sur la démocratie marque un tournant inquiétant.
Le Parti socialiste appelle le gouvernement à retrouver la voie de la raison et le sens de l’État. Il déposera une motion de censure dans les prochaines heures avec l’ensemble des forces de gauche.
Au-delà, puisque le gouvernement n’a voulu entendre ni les syndicats, ni les organisations professionnelles, ni les manifestants, et qu’il interdit le débat parlementaire, nous appelons les Françaises et les Français à faire usage de leur bulletin de vote les 15 et 22 mars prochains pour faire entendre leur voix. »

Il existe encore de nombreuses inconnues sur le fonctionnement liées à l’âge pivot, aux règles sur l’évolution de la valeur du point, aux conditions concrètes de prise en compte de la pénibilité, aux conditions de revalorisation des salaires des enseignants et des autres fonctionnaires, à l’avenir des pensions de réversion … Tous ces sujets sont encore sur la table après deux ans de concertation. Les débats des parlementaires ont été stoppés au moment où ils devaient se prononcer sur des articles essentiels tels que les régimes spéciaux, la valeur du point, l’âge d’équilibre dans le futur système.

Or, l’exécutif veut aller vite et s’est piégé tout seul en fixant depuis décembre l’objectif d’une adoption définitive «avant l’été ». Pour tenir le calendrier, il fallait donc faire passer la première lecture à l’Assemblée avant les élections municipales.

Dans les prochaines semaines, le texte sera débattu au Sénat avant de repasser en seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Rappel des principaux points dénoncés par le PS :

Cette réforme des retraites n’est ni juste, ni universelle, ni lisible:

Elle allonge la durée de cotisation, y compris pour les carrières longues et les métiers les plus pénibles.

Elle ampute les pensions de très nombreux Français.

Elle ne résout pas les problèmes des salariés aux carrières discontinues.

Les régimes spécifiques remplacent les régimes spéciaux.

Les plus riches sont sortis du système et renvoyés vers les fonds de pension.

-A carrière identique, les futurs retraités partiraient avec des pensions différentes selon leurs années de départ

Selon que l’on soit né avant ou après 1975, avant ou après 1985, selon le montant des futurs salaires : l’âge et le mode de départ en retraite seront différents.