Le Parisien : A Aulnay, le maire LR chouchoute l’association musulmane bardée de casseroles.

L’article paru hier commence ainsi : « A trois mois des élections, l’ EMJF, l’Espérance musulmane de la jeunesse française, malgré ses casseroles, fait l’objet de multiples attentions de la part de la municipalité dirigée par Bruno Beschizza. Il y a quelques jours, les services municipaux ont effectué de nombreux « travaux de confort » dans le réfectoire attenant à l’école Bougainville, dont l’EMJF est locataire depuis peu. (Pose de nombreuses prises électriques, installation d’un portail et d’une clôture flambant neuve, connexion au téléphone). Et pour cause : en 2014, l’EMJF avait appelé à voter pour l’ex-policier, et nombreux sont ceux qui pensent qu’ils pèseront encore dans le scrutin de mars 2020

Rappel des faits : Juillet 2010, l’école Bougainville est vide, suite à la démolition des tours. L’ancienne municipalité prête les locaux à l’EMJF pour des activités hors temps scolaire comme cela se fait depuis des décennies à Aulnay et encore aujourd’hui. Il est alors hors de question de transformer ces lieux en école.

-2014 : le Président de l’EMJF Hassen Farsadou, voulant coûte que coûte ouvrir une école, appelle publiquement à voter pour B. Beschizza. 

-Juillet 2017 : le maire fait voter le déclassement de l’école publique Bougainville. Les élus PS, PRG, PC s’y opposent puisqu’il sera impossible de récupérer l’école en cas de besoin.

-Juillet 2018 : B. Beschizza permet l’ouverture de l’école privée en signant un bail de 25 ans avec l’association « Education pour tous » crée 3 mois plus tôt, servant de paravent au réel occupant des locaux, l’ EMJF.

-Août 2018 : M. Farsadou, le Président de l’EMJF qui, on s’en souvient, avait fait parler de lui en invitant des prédicateurs radicaux à Aulnay en 2015, lance un message aux familles : il accuse l’éducation nationale « d’apprendre la masturbation aux enfants » parle de « ces laïcistes qui ont enlevé le hijab de l’école, lancé une vendetta contre les jupes longues » et demande si les parents attendent « les sorties scolaires dans les Gay pride » pour retirer les enfants de l’école publique.

Un personnage très contesté. Le Parisien écrit aujourd’hui : « Pas de quoi effrayer la majorité, qui aurait même « fait le forcing » pour imposer deux membres de l’EMJF au sein du bureau directeur de l’école. Des réunions ont eu lieu avant l’été en ce sens, à l’hôtel de ville. Signe que les discussions étaient confidentielles : les participants ont été tenus de laisser leur téléphone à l’entrée. »

-Juillet 2019 : En conseil municipal, B. Beschizza propose de résilier le bail, prétextant qu’Education pour tous n’a pas fait les travaux demandés. Les élus de gauche soulignent l’extrême légèreté du maire qui a signé le bail alors que des travaux de sécurité n’étaient pas réalisés ! En fait, les 2 associations sont en conflit. L’ EMJF, qui ne peut plus occuper l’école Bougainville louée par « Education pour tous » ne cesse de mettre la pression sur le maire pour obtenir des locaux pour ses anciennes activités. Nouveau cadeau, le maire lui accorde le réfectoire.

Le Parisien : « Depuis, un conflit larvé oppose ces deux associations, l’EMJF disposant de salles de classe dans l’école le week-end pour dispenser des cours d’arabes, en plus du réfectoire. Une cohabitation compliquée qui a abouti à une plainte de l’école pour des dégradations.

« La ville prend parti pour l’EMJF ! Nous, on peut toujours courir pour avoir la moindre intervention de la mairie pour des travaux de confort », se désole la direction de l’école. Qui, par contre, croule sous des factures envoyées par la municipalité, notamment de charges. « Sauf que dans le bail que nous avons signé, il est écrit que c’est à la ville de régler ces frais », indique encore la direction de l’école – ce que réfute la ville. « C’est un moyen de mettre la pression pour qu’on parte », regrette le directeur.

Visiblement, l’association « Education pour tous » deviendrait un obstacle aux demandes de l’EMJF qu’il faudrait honorer pour l’échéance 2020.

Le Parisien : « Le soutien de l’EMJF en faveur de Bruno Beschizza au scrutin de mars fait peu de doutes : en juillet, Hassen Farsadou décrivait le maire comme son « ami ».

Qu’en dit la ville ? « Pour diviser le prix du loyer par dix, nous avons convenu avec « Education pour tous » de signer un bail emphytéotique qui leur donne des droits exorbitants, faisant d’eux des quasi-propriétaires. Mais aussi des devoirs, analysent les services municipaux. A commencer par 1,1 M€ de travaux à réaliser eux-mêmes sur le bâtiment. »

De son côté, l’EMJF n’occupe le réfectoire qu’au travers d’un bail précaire. « A baux différents, obligations différentes », résume la mairie, qui précise que ces « travaux de confort » visent à entretenir le patrimoine. Et réfute tout favoritisme pro-EMJF à trois mois des municipales. »

Mais non, une école publique quasiment vendue pour en faire une école privée avec un prix de loyer divisé par 10, puis une installation accordée à l’EMJF dans le réfectoire pour ses activités, puis travaux conséquents à la charge de la ville… ce ne serait ni du favoritisme, ni du clientélisme à quelques mois des élections municipales ?

Les aulnaysiens ne sont ni naïfs ni dupes de ces basses manœuvres électorales. Chacun peut aisément comprendre que le « bon ami » de H. Farsadou, n’a apparemment qu’une solution pour s’assurer les voix promises, celle de « filer doux » devant les nouvelles exigences de l’EMJF.