Bilan sécurité à Aulnay depuis 2014 : les chiffres officiels sont mauvais.

Les données 2018 du ministère de l’Intérieur sur la sécurité, avec évolution par rapport à 2014 viennent d’être publiées et elles ne sont pas bonnes. Quel décalage avec les soi-disant bons résultats présentés régulièrement dans les tracts de propagande du maire !

Violences : 1744 en hausse de 15% ; dégradations 948 en hausse de 2,5 % ; escroqueries 788 en hausse de 25, 5 % ; autres délits (crimes, délits sexuels…) 736 en hausse de 41,8 % . Les vols et cambriolages baissent de 14,3% mais s’élèvent tout de même à 5279 ; les délits dus aux stupéfiants baissent de 13% sur un total de 1182, la baisse reste donc modeste.

Pour Séverine Maroun, première adjointe en charge de la sécurité, les données du Ministère de l’Intérieur illustrent « la baisse des délits du quotidien : les vols, les stupéfiants…», le fruit d’une « politique volontariste » qui permet aujourd’hui une « ville apaisée » …

Ces propos montrent de toute évidence que Mme Maroun est adepte de la méthode « Coué » puisque pour elle, tout va bien, tout va mieux.

Mais comment peut-elle parler de « ville apaisée » puisque l’on voit au contraire une nette augmentation des délits du quotidien : plus de violences, plus de dégradations, plus d’escroqueries, plus de faits graves et une ville gangrenée par les dealers qui, justement au quotidien, minent la vie des aulnaysiens? Une habitante ne s’y trompe pas lorsqu’elle pointe les zones de deal qui n’en finissent pas de s’étendre. « Cité de l’Europe, place Jupiter, Gros-Saule… et de dire : « C’est étonnant que les chiffres qu’on nous donne disent que les trafics sont en baisse » .

En 2014, Bruno Beschizza avait fait de la sécurité une priorité de sa campagne et des moyens considérables y ont été consacrés durant le mandat : 80 policiers municipaux, déjà 4,5 millions pour les 322 caméras, 500 en 2021, 2 millions pour le centre de supervision, sans compter la maintenance du matériel et les salaires des opérateurs devant les écrans. Mais comme l’a dit au Parisien Miguel Hernandez élu PC : « On pourrait penser qu’à Aubervilliers ou Montreuil, des villes bien plus grosses, ce devrait être pire… eh bien non : on a beau investir des millions dans la sécurité, on ne s’en sort pas mieux qu’elles ! » . En effet, délits dus aux stupéfiants à Aubervilliers : 777, à Montreuil 514 contre 1182 à Aulnay.

B. Beschizza voulait faire de la police municipale une police de proximité mais c’est un échec retentissant. Pour les habitants des quartiers nord, c’est avant tout une police de surveillance, de répression dont les interventions sont très inégales et d’une efficacité toute relative. Les relations sont tendues et la confiance a disparu.

Il n’est pas normal d’entendre : « On a le sentiment qu’avec le temps, les policiers sont plus en mode cow-boy, ils n’essaient plus de parler avec les gamins, ce côté extrême se voit jusque dans leur apparence : ils sont quasiment en armure, même les policiers municipaux ! ».

B. Beschizza a voulu une police municipale bien équipée. Résultat, les gens parlent des « RoboCop », c’est tout dire ! rien à voir avec des policiers proches des habitants qui rappellent les règles et verbalisent mais savent aussi écouter et discuter avec la population.

Pour bon nombre d’ Aulnaysiens des quartiers nord ou sud et d’ élus, l’analyse est la même « Une ville sûre passera par un lien rétabli entre les forces de l’ordre, police municipale comprise, et les habitants, les jeunes ». Ce qui manque à Aulnay, c’est du lien entre les habitants et leur police .

B. Beschizza, après avoir soutenu N. Sarkozy dans sa suppression de la police de proximité s’est empressé de demander pour Aulnay des agents de la nouvelle police de sécurité du quotidien. PSQ (25 pour le secteur Aulnay-Sevran) qui devraient tisser des liens avec la population et privilégier les actions de prévention.

Les aulnaysiens ont droit à la sécurité, c’est un droit fondamental mais la politique sécuritaire de B. Beschizza se solde en fin de mandat par de mauvais résultats. Comme le déclare au Parisien  Guy Challier élu PS : « plus d’affaires résolues, çà ne veut pas dire moins de délinquance, il y a un décalage entre le ressenti des habitants et la communication positive de la ville et très franchement, peu d’ aulnaysiens disent vivre dans une ville apaisée ».

La tâche sera rude pour réduire efficacement les délits mais pour une lutte efficace contre la délinquance, il faudra qu’ Aulnay retrouve un dialogue apaisé et constructif entre la police et sa population.