Impôts, police, PSA, le bilan du maire B. Beschizza.

A l’approche des élections municipales, Le Parisien a passé en revue 3 points de la gestion du maire B. Beschizza. Le point de vue de l’opposition étant fort réduit, voici nos commentaires.

1- les impôts locaux.

B. Beschizza a tenu la promesse de ne pas les augmenter poursuivant la même politique que les municipalités précédentes, les impôts n’ayant pas augmenté depuis 2003. Mais pour tenir sa promesse, il a choisi de réduire les moyens dans tous les services : la culture, le sport, les loisirs, le périscolaire, l’aide aux familles, la santé.

De plus, comme le déclare dans le Parisien Guy Challier élu PS, « la stabilité des impôts est un leurre, tout a augmenté, cantine (+40 %), périscolaire, structures culturelles ect … ». Ces augmentations sont des impôts déguisés supportés non pas par l’ensemble des contribuables, ce qui serait une juste solidarité, mais par les usagers des services publics, jeunes, familles avec ou sans enfants et personnes âgées.

Coup d’arrêt dans les investissements (travaux et équipements …) : avec une moyenne de 21,9 M par an au lieu des 30 à 35 M précédents, la ville n’est plus en mesure d’entretenir correctement ses bâtiments et l’espace public. L‘épargne nette est réduite à zéro, ce qui oblige la ville à emprunter pour financer ses investissements, 16 à 19 M par an. Preuve d’une situation financière dégradée, en 2019, les emprunts vont financer 73 % d’un programme pourtant très réduit contre 30% durant notre mandat .

Ces nouveaux emprunts font exploser la dette: 132 M soit 1 545 € par habitant, 154 M en 2022, dette qui ne sera soldée que 20 ans plus tard, une bombe à retardement pour les générations futures. Et c’est un cercle infernal, il a fallu débourser 13 M l’an passé pour rembourser les emprunts. La ville va finir par emprunter…pour rembourser l’emprunt !

2- la police municipale.

Dès 2014, pour compenser les suppressions de postes de policiers du mandat Sarkozy, B. Beschizza a choisi de faire supporter aux seuls aulnaysiens le financement de 80 policiers municipaux suréquipés soit une hausse de 25 % . Mais la police municipale, malgré le travail de ses agents, ne peut remplacer la police d’ Etat pour régler un problème essentiel, celui de nombreux points de deal dans tous les quartiers. Par ailleurs, pour les habitants des quartiers nord, la présence de la police municipale est très inégale et peine à retrouver la confiance de la population.

Efficacité également limitée s’agissant des actes d’incivilité tels que les stationnements abusifs …

Aujourd’hui, tout est surdimensionné avec 332 caméras en 2019 et 500 en 2021. Les caméras ont sans doute un effet dissuasif mais elles ne limitent pas ou très peu les délits, elles n’aident à élucider que 1 % à 3 % des infractions et déplace la délinquance dans les zones non équipées de caméras.

La vidéoprotection pèse très lourd dans le budget, au détriment d’autres services publics. Déjà 4,5 millions pour les caméras (9 000 € pièce) et 2 pour le centre de supervision, sans compter la maintenance du matériel et les salaires des opérateurs devant les écrans.

Le 1er ministre a annoncé la rénovation du commissariat d’Aulnay pour 2023. C’est bien, mais B. Beschizza, en s’opposant au projet précédent, a retardé le dossier d’au moins 6 ans et a fait capoter l’ancien projet mieux adapté aux besoins, d’un commissariat mieux situé au nord de la ville avec une antenne au sud.

3- l’ancien site PSA

De 2012 à début 2014, l’ancienne municipalité a posé les bases d’une reconversion de l’ancien site. 2 actions essentielles menées par l’ancien maire G. Ségura: obtenir une gare du Grand Paris à Aulnay et éviter la spéculation foncière. « Ni spoliation, ni spéculation. »

En septembre 2012, le maire gèle les permis de construire sur les terrains de PSA pour éviter la spéculation.

Juillet 2013 : présentation du projet d’aménagement mêlant industries, centres de distribution, équipements publics, un centre de formation et d’hébergement, des espaces verts.

Janvier 2014 : Gérard Ségura, les élus et Daniel Goldberg optent pour une opération d’aménagement d’initiative publique. L’EPF Ile de France (Etablissement Public Foncier) rachètera les terrains pour garantir la mutation du site avec un objectif non spéculatif.

De 2014 à 2017, B. Beschizza a mené diverses tentatives pour faire avancer le dossier mais rien de concret, pour arriver finalement 3 ans plus tard, à l’objectif fixé par l’ancienne municipalité: la signature en novembre 2017 actant la vente des terrains de PSA à l’EPF Ile de France pour la fameuse opération d’aménagement d’initiative publique amorcée en 2014.

Et de 2017 à 2019 ? « Il n’a pas été capable d’être un accélérateur sur la reconversion de la friche », tacle Guy Challier. Carrefour, Chronopost et ID Logistics ont installé des entrepôts sur 70 hectares, le reste est en friche. C’est plutôt maigre.

Par contre, le projet de la municipalité Val-Francilia, nouveau quartier sur les 110 ha restants mêlant logements, équipements publics, un « campus des métiers » (reprise de l’idée de l’ancienne municipalité) … prévu d’ici 15 ans, a soulevé de vives protestations suite au projet de construire 2 500 logements sur 5 ha du Parc Ballanger ! Une aberration repoussée à ce jour … affaire à suivre.

Concertation bâclée, manque de vision globale de l’aménagement du territoire, manque de dynamisme, la municipalité a piétiné tout au long de son mandat sur le dossier PSA.