Jacques Chirac, une vie consacrée à la politique.

Déclaration du Parti socialiste

Le Parti socialiste salue la mémoire de Jacques Chirac

« Jacques Chirac ne fut pas seulement un grand républicain, un gaulliste convaincu, engagé et fidèle, un Président de droite qui sut intelligemment composer avec la gauche en période de cohabitation. Il fut surtout l’homme qui sut dire « non » à la deuxième guerre d’Irak, qui reconnut la responsabilité de l’État français dans les crimes nazis et qui, parmi les premiers, dans un discours à Johannesburg, alerta l’opinion internationale contre le réchauffement climatique.

Nous retiendrons enfin l’infatigable défenseur des valeurs qui honorent la France. Celui qui, dans sa dernière allocution de Président, appela les Français à ne jamais composer avec « l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre ».

Homme d’État, attaché aux gens, il avait su nouer une relation particulière avec les Français qui appréciaient sa sincérité, sa proximité, son empathie. Il restera pour nos concitoyens une figure marquante de la vie politique. »

Jacques Chirac, 40 ans en politique, fut secrétaire d’Etat sous Pompidou, Premier ministre sous Giscard (1974-1976), maire de Paris (1977-1995), Premier Ministre lors de la cohabitation avec François Mitterrand (1986-1988) et Président de la République durant 2 mandats de 1995 à 2007.

A l’heure où il disparaît, les éloges sont innombrables, les zones d’ombre sont à peine évoquées telles que les affaires judiciaires ou son dérapage sur l’immigration lorsqu’il évoquait  « le bruit et l’odeur », regrettable opportunisme électoral alors que le FN montait.

L’homme chaleureux, bonhomme, aimant les gens, prend le pas sur l’homme politique complexe et redoutable pour ses adversaires, sur un Président qui a évité d’aller à l’affrontement, d’aller au bout des conflits, d’où les faibles résultats au niveau de sa politique économique et sociale. On peut dire qu’il a gardé la « maison » France, sans faire de grandes réformes pour la faire évoluer, en assistant à la montée inexorable du chômage, à l’accroissement des inégalités et aux difficultés grandissantes dans les banlieues.

Mais soulignons aujourd’hui ses prises de position courageuses et son humanité.

Il a contribué à l’abolition de la peine de mort, soutenu Simone Veil dans la bataille de l’IVG, reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs en déclarant : « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par l’Etat français ». Il a salué à Verdun le sacrifice des anciens combattants coloniaux, reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Il a refusé toute alliance avec le Front National dénonçant l’intolérance et le racisme : « Ne composez jamais avec l’extrémisme… La France est riche de sa diversité ».

Il a aussi tenu à créer le musée des Arts premiers afin de rendre aux arts et civilisations non-occidentaux, leur juste place au sein de musées nationaux.

Lorsque les Etats-Unis avec G.W. Bush, décidèrent d’envahir l’Irak en 2003, sur la foi d’un mensonge d’État (Saddam Hussein ne détenait pas d’armes de destruction massives comme annoncé), seul J. Chirac osa dire « Non » car il percevait les dangers d’une invasion qui allait anéantir un pays et déstabiliser la région.

Enfin, il a compris l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique en déclarant en 2002 « la maison brûle et nous regardons ailleurs ».

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