Les choix du maire à propos de la sécurité.

Dans le livret « 5 ans d’action… » distribué à tous les aulnaysiens, vaste opération de propagande des actions du maire, 2 pages sont consacrées à la sécurité. Mais quels sont ses choix politiques et pour quels résultats ? A son arrivée, il y avait 65 policiers municipaux, une baisse des effectifs au commissariat d’Aulnay, conséquence de la suppression au niveau national de 13 000 postes de policiers et de gendarmes par N. Sarkozy.

Pour compenser cette baisse, B. Beschizza a augmenté la police municipale de 25%. Pour les aulnaysiens, c’est la double peine : ils participent au financement de la police nationale comme tous les contribuables et en plus, B. Beschizza leur fait supporter intégralement celui d’une police municipale surdimensionnée, la 2ème de France, avec 80 policiers municipaux suréquipés.

Selon B. Beschizza, la police municipale remplace la police de proximité. Il se trompe. Elle est à ce jour vécue par les habitants des quartiers nord comme une police de surveillance, de répression, ils déplorent une présence très inégale sur le terrain dont l’efficacité reste à prouver. Ils se plaignent d’un problème crucial, des divers trafics d’une économie souterraine qui minent leur vie quotidienne.

La police municipale ne peut suppléer la police d’ Etat face aux dealers. Après avoir approuvé la suppression de la police de proximité par son mentor N. Sarkozy, B. Beschizza s’est empressé de demander pour Aulnay des agents de la nouvelle police de sécurité du quotidien. (25 depuis 1 an). Il reste sceptique mais nous pensons au contraire qu’il était urgent de remettre des policiers sur le terrain qui lutteront plus efficacement contre la délinquance en retissant des liens avec la population et par des actions de prévention.

Et qu’est devenu le projet de nouveau commissariat ? L’ancienne municipalité s’est battue de 2011 à 2014 pour l’obtenir. Elle mettait à disposition un terrain de plus de 2 500 m2 au nord de la ville et gardait une antenne au sud. La Région finançait sa construction à 60%. Manuel Valls avait donné en 2013 des garanties pour une inscription rapide sur la liste des futurs commissariats.

Mais dès 2014, B. Beschizza, opposé à l’implantation prévue, a repoussé le projet, toujours au point mort. Il a laissé passé le train ! Les agents de la police nationale travailleront encore longtemps dans des locaux inacceptables et les gens ne sont pas prêts d’être reçus dans de bonnes conditions !

La vidéoprotection : 23 caméras dont 17 hors d’usage, un poste de supervision obsolète, voilà la situation héritée de G. Gaudron et F. Canarozzo, adjoint à la sécurité en 2008. Il a fallu réparer les caméras, les placer aux points sensibles, remplacer le poste de supervision.

Aujourd’hui, tout est surdimensionné, 322 caméras en 2019, 500 en 2021. La vidéoprotection a son utilité mais aussi ses limites. Les caméras ont sans doute un effet dissuasif mais elles ne limitent pas ou très peu les délits et n’aident à éliminer que 1% à 3% des infractions commises sur la voie publique. Elle déplace aussi la délinquance dans les zones limitrophes non équipées de caméras.

La vidéoprotection pèse très lourd dans le budget, au détriment d’autres services publics ! 4,5 millions pour les caméras (9 000 € pièce) et 2 pour le centre de supervision, sans compter la maintenance du matériel et les salaires des opérateurs devant les écrans.

Cette hypersurveillance par caméras veut donner aux aulnaysiens un sentiment d’hypersécurité. Mais les études montrent que ces investissements fort coûteux ne servent pas les habitants des quartiers nord, les trafics de drogue et les violences qui en découlent parfois, ne se passent pas devant les caméras.

Le livret indique une baisse de la délinquance en 2018. On s’en réjouit mais les chiffres ne veulent pas dire grand chose. Il faudrait avoir le nombre de délits avant et maintenant et non des pourcentages.

La télé-alarme : pas de réel changement. Comme auparavant, une alarme qui sonne chez un particulier n’est pas en lien direct avec la police municipale comme le dit la municipalité mais avec une société de surveillance qui prévient la police. C’est un service payant qui concerne un nombre restreint d’usagers.

Stationnements sur les trottoirs, véhicules ventouses… très problématique, la situation a empiré.

Dispositif « Aulnay vigilante » : proche des « voisins vigilants », idée de N. Sarkozy, il instaure une chaîne de vigilance avec les citoyens volontaires. Nos interrogations subsistent à propos de la formation, des missions mais aussi des risques pris par ces personnes. Comment éviter d’éventuels dérapages ou des erreurs de jugement ? Aucun bilan n’a été communiqué à ce jour.

Evacuation du campement sauvage en 2014 : B. Beschizza et ses élus, avec une parfaite mauvaise foi, s’attribuent le fruit des actions menées dès novembre 2013 par l’ancien maire, suite aux conditions déplorables de vie des familles et au risque de feu. Les audiences du Tribunal ont été repoussées 4 mois de suite ! La décision d’expulsion est tombée le 13 mars, juste avant les élections municipales !

Les aulnaysiens ont droit à la sécurité, c’est un droit fondamental. Cependant, le foisonnement de caméras et autres dispositifs de surveillance contribuent à donner l’image négative et angoissante d’une ville qui semble livrée à une extrême insécurité ! Certes, Aulnay n’est pas épargnée par des problèmes majeurs, malgré une police municipale importante. Mais depuis 2014, le projet de nouveau commissariat est en panne et une réelle augmentation des effectifs de la police nationale n’a pas été obtenue par cette équipe municipale. Enfin, pour une lutte efficace contre la délinquance, il faut qu’ Aulnay retrouve un dialogue apaisé et constructif entre la police et sa population.