Manifestation de policiers devant le commissariat d’Aulnay.

Revenons sur ce qui s’est passé mercredi soir, dans le quartier des Beaudottes à Sevran. Un riverain a filmé une bagarre entre un médiateur et un policier, lors d’une intervention des forces de police. La vidéo est sidérante : des coups de poing sont portés au visage par le policier au médiateur qui réplique, avant d’être neutralisé par un coup de taser.

Suite à cet événement, le Préfet de police Didier Lallement a immédiatement demandé une enquête de l’inspection générale de la police et a suspendu le policier.
D’où la colère d’ une centaine de policiers venus manifester devant le commissariat d’Aulnay-sous-Bois, en charge des villes d’Aulnay et de Sevran.

Côté police, la déléguée syndicale déclare: « Le préfet a demandé la suspension du fonctionnaire de police sur la base d’une vidéo tronquée… et non sur des éléments de droit, et avant même qu’il y ait eu enquête ».

Côté Préfecture , il est précisé que « cette mesure ne présage pas de la culpabilité de l’agent. Cela peut être un moyen de le protéger le temps de l’enquête, ce n’est pas une sanction. Au final, il appartiendra au directeur général de la police nationale, et non au préfet, de prononcer ou non la suspension. »

Il faut donc attendre les conclusions de l’enquête qui déterminera les circonstances de cette bagarre et les responsabilités de chacun.

On ne peut s’empêcher de penser d’une part à l’affaire Théo qui a choqué notre ville et même toute la France, à la perte de confiance de la population envers les forces de police et aux relations extrêmement tendues entre les policiers et les habitants, en particulier dans les quartiers sensibles, suite à cette affaire. A l’inverse, soulignons les difficultés et les risques des policiers durant leurs interventions et leurs actes de bravoure notamment lors de la lutte contre le terrorisme.

Rien n’excuse les violences verbales ou physiques envers la police, leurs auteurs doivent être sanctionnés. Par contre, il est inadmissible que des policiers agissent sans discernement et avec violence lors de leurs interventions. La population doit pouvoir compter sur une police qui agit avec fermeté mais aussi avec respect et équité.

Notre pays était sur la bonne voie avec la police de proximité crée par la gauche, une police de plein exercice qui faisait respecter la loi tout en faisant de la prévention et qui aux yeux de tous a su obtenir de bons résultats. Une police jugée laxiste et supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003, un total de 13 000 postes de policiers et de gendarmes en moins durant son mandat. De graves erreurs dont on paie encore aujourd’hui les conséquences, malgré un rattrapage non négligeable du gouvernement précédent.

Le gouvernement actuel s’est engagé à recréer une « police de sécurité quotidienne » pour retisser du lien entre la police et la population mais ce sera long et complexe car 15 ans ont été perdus et la confiance n’est plus au rendez-vous. Etre présents sur le terrain, mieux connaître les habitants et leurs difficultés, expliquer, dialoguer, mais aussi faire respecter la loi avec fermeté et équité, ces comportements devraient contribuer à rétablir la confiance réciproque, à redonner du sens à l’action policière et à réconcilier durablement la population avec leur police.

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