Rapport sur la gestion passée et présente de la Ville : nos commentaires.

Mercredi soir en conseil municipal, les élus ont commenté le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, pour la période 2011 – 2014 (ancien maire Gérard Ségura) et 2014 – 2017 (Bruno Beschizza). 20% des remarques de la CRC concernent l’ancienne municipalité, 80% la municipalité actuelle.

La CRC écrit à propos de la gestion actuelle du personnel : « Une gestion des ressources humaines entachée de nombreuses irrégularités ».

La CRC pointe un nombre excessif d’astreintes et d’heures supplémentaires explosant même le plafond autorisé. La police municipale est tout particulièrement visée avec une augmentation du budget d’heures supplémentaires de près de 50% depuis 2014. La CRC dénonce des irrégularités dans la rémunération de cadres à haut salaire sans que le salaire soit vraiment justifié par les diplômes ou les responsabilités à exercer. La CRC pointe également l’absence de délibération votée en conseil municipal pour les salaires des collaborateurs de cabinet du maire, d’où un manque de transparence.

Concernant les marchés publics, la CRC demande à la commune de clarifier les procédures et de rechercher une plus grande concurrence des entreprises lors de l’attribution des marchés.

Quant au budget municipal, il a fait l’objet d’un long débat.

B. Beschizza et ses élus persistent depuis 6 ans à rejeter la responsabilité des difficultés financières sur l’ancienne municipalité. Nous avons donc une fois de plus expliqué la réalité de la situation durant notre mandat et rappelé nos actions.

Nous avons hérité en 2008 d’un effet ciseau (les dépenses qui augmentent plus vite que les recettes) déjà annoncé en 2007 par M. Chaussat, l’adjoint aux finances de Gérard Gaudron. Un budget plombé par une masse salariale trop importante, la création démesurée de 557 postes municipaux de 2001 à 2008 soit 93 par an. Nous avons freiné l’évolution avec 24 nouveaux postes par an pour maintenir un haut niveau de service. L’accès des services a par ailleurs été facilité par des tarifs bas et un calcul de quotient familial plus juste.

Pendant 25 ans, Mrs Abrioux et Gaudron n’ont réalisé qu’une moyenne insuffisante de 23 M par an, d’où un retard important de travaux dans les espaces et bâtiments publics (tout particulièrement dans les écoles). Nous avons rattrapé ce retard en partie, en faisant 35 à 40 M de travaux par an dont la rénovation – extension de 4 écoles. Nous devions obligatoirement réaliser 44 M de travaux pour la rénovation des quartiers nord (le PRU signé en 2004 par G. Gaudron) et régler le problème de l’usine d’amiante (17 M pour la démolition et le désamiantage).

L’épargne brute de la commune avait déjà fondu avant notre arrivée : 12,9M en 2008, c’est l’héritage de M. Gaudron, pas notre gestion, puisque l’on n’a pas pu refaire le budget à cause d’un an de recours. Et fin 2014 : l’épargne brute atteignait 9,2 M, ce n’est pas si catastrophique qu’on le dit.

Nous avons du emprunter dans des proportions raisonnables, l’emprunt ne représentant que 30% du montant total de nos programmes de travaux.

Pour la période 2014-2017, la CRC met en évidence une situation tendue. Elle constate que l’équipe actuelle a peu de marge de manœuvre : des recettes moindres du fait de la baisse des dotations budgétaires (compensée en partie par des dispositifs de l’Etat avantageux), des dépenses difficilement compressibles (masse salariale trop importante, 65% du budget) et le choix de ne pas augmenter les impôts.

Afin de dégager de la trésorerie, B. Beschizza choisit de mener une politique d’austérité dans tous les services à la population: baisse des moyens pour la culture, le sport, les loisirs, le périscolaire, l’aide aux familles, la santé.

Les impôts n’ont pas augmenté et cela depuis 2003 mais ce sont les familles et l’ensemble des usagers des services publics qui supportent les hausses successives de tarifs (+40% pour la cantine). Cette politique d’austérité ne dégage pourtant pas une épargne susceptible de payer les investissements. L’épargne nette, positive en 2013 et 2014, est négative depuis 3 ans de façon alarmante (- 2,8 M en 2017), elle atteint à peine le 0 fin 2018. (-0,18 M)

La ville n’a donc pas les moyens de financer ses travaux et équipements pourtant insuffisants (moyenne de 21,9 M par an depuis 2014) avec cette épargne négative.

Le maire se lance donc dans une course aux emprunts (16 M en 2018, 19 en 2019) et vend pour 5 M de propriétés communales. Mais c’est un cercle infernal puisqu’ il a fallu débourser 13 M l’an passé pour rembourser les emprunts. La ville va finir par emprunter…pour rembourser l’emprunt !

Mais le plus grave, qui montre le degré de dégradation de la situation, c’est le niveau d’emprunt. En 2018, l’emprunt a financé 68 % des 24 M d’investissement. Pire pour 2019! les emprunts vont financer près de 75 % du programme (contre 30% durant notre mandat pour 35 à 40 M de travaux.)

La dette explose: 132 M en 2018 soit 1 545 € par habitant. Il faudra 13 ans pour la rembourser (seuil d’alerte fixé à 12 ans). C’est moins qu’en 2017 (18 ans) mais beaucoup plus qu’avec l’équipe municipale précédente (9 ans 5 mois). La progression ne va pas s’arrêter là puisque le maire prévoit une dette de 154 M en 2022, qui ne sera soldée que 20 ans plus tard, au mieux.

En conclusion, le mandat de B. Beschizza sera marqué par moins de services et des services plus chers, un coup d’arrêt dans les investissements financés majoritairement par les emprunts, d’où une dette en nette progression, cadeau empoisonné pour les années à venir.

Exemple type : la piscine financée au travers d’un Partenariat Public Privé laissant une dette de 74 M d’euros aux petits aulnaysiens pour les 25 ans à venir.

Les élus socialistes

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