Aulnay bouge «  sans vous », notre ville livrée aux promoteurs. 

Quel décalage entre la réalité et les déclarations de B. Beschizza ! «  nous avons mis fin au bétonnage aveugle de l’ancienne municipalité … nous construisons essentiellement sur les axes structurants…. nous  revitalisons les quartiers ». C’est vrai, la revitalisation va bon train avec déjà 300 nouveaux logements dans les quartiers sud, en pleine zone pavillonnaire !

Devant le mécontentement grandissant des Aulnaysiens qui dénoncent un bétonnage accéléré sans aucun débat, le maire et ses élus ont trouvé une parade: ils se félicitent d’avoir réduit la concession Mitry- Princet, 700 logements au lieu des 1 700 prévus par l’ancienne municipalité.

Mais signer une concession avec un aménageur permet à un maire de maîtriser le programme d’ urbanisation, de veiller au nombre et aux types de logements, à la forme, à la densité. C’est un contrat dans lequel l’aménageur réalise les immeubles tout en participant au financement des voiries, des espaces verts, des établissements publics tels que les écoles.

En 2012, l’ancienne équipe a signé la concession d’aménagement « Les chemins de Mitry » sur un vaste périmètre : garage Ford, rue J. Princet, rue de Mitry , les quartiers Mitry, Ambourget, Savigny jusqu’au Vélodrome. Un projet urbain cohérent et de qualité qui nécessitait une participation de la ville d’environ 40 millions avec : 1 700 logements sur 15 ans et pour commencer, les écoles dont l’extension du Bourg, la coulée verte avec le Parc Princet, une médiathèque sur Mitry.

L’équipe de B. Beschizza a réduit la concession à 7 00 logements mais il est évident que l’axe Mitry-Princet va évoluer d’ici 15 ans. Les 1 700 logements seront très vite atteints, même dépassés mais toutes les constructions, qui se feront hors de la concession, ne participeront pas au financement des nouveaux équipements et aménagements publics. C’est déjà le cas pour les immeubles « Green City » rue Charcot, « Villa Eiffel » construit par Verrecchia.

On compte déjà 140 nouveaux logements hors concession sur cet axe, au bon vouloir des promoteurs qui veulent réaliser la meilleure opération immobilière.

Avoir réduit la concession signifie moins d’engagement, moins de maîtrise de la part de la ville sur le développement urbain et un financement moindre des équipements publics. C‘est faire le choix d’ une politique à minima, au coup par coup, qui va surtout satisfaire les promoteurs.

Dès 2008, l’ancienne municipalité avait clairement expliqué la situation: après la grande période de constructions de 1960 à 1990, Aulnay a cumulé 20 ans de retard avec seulement 66 logements par an de 2000 à 2005 alors que la population augmentait (9 000 demandes en attente en 2008, 1 479 ménages en sur-occupation en 2011).

En 2008 l’Etat fixait déjà pour Aulnay l’objectif de 530 nouveaux logements par an pour combler le déficit. L’ancienne municipalité a enclenché la reprise avec 850 nouveaux logements de 2009 à 2014 soit 170 par an au lieu de 66. Des efforts indispensables, mesurés et non un bétonnage aveugle !

Depuis 2013 avec la loi du Grand Paris, l’Etat vise 70 000 logements par an en Ile de France soit pour Aulnay, 660 nouveaux logements par an.

Le candidat B. Beschizza avait promis d’arrêter le « bétonnage » tout en connaissant les objectifs de l’Etat. Mais alors que l’ancienne municipalité a multiplié les réunions publiques, les concertations, tout est opaque depuis 2014. Au mieux les Aulnaysiens découvrent en conseil de quartier les projets déjà décidés en mairie, au pire les riverains ne découvrent le projet que sur le panneau de permis de construire.

Les exemples sont multiples, le plus alarmant étant les constructions sur 5 ha du parc Ballanger.

Place Camélinat, l’immeuble Verrecchia grâce au PLU de B. Beschizza fait 18 m au lieu des 16 m permis auparavant. Rue du colonel Moll, un immeuble de 6 étages soit 20 m de haut, va être construit sans aucune concertation. Les riverains dénoncent un jeu de cache–cache avec le maire et son adjoint à l’urbanisme pour avoir des informations. Ils déclarent avoir été bernés.

Construire à Aulnay est nécessaire pour tous les âges et toutes les bourses. Mais cette urbanisation sans vision globale, sans la participation active de la population, qui privilégie des immeubles de luxe inaccessibles aux Aulnaysiens ne peut ni les satisfaire, ni répondre réellement à leurs besoins.

Publicités