CDG Express : pour l’abandon du projet, priorité aux transports du quotidien.

Nous avons répondu cette semaine à l’invitation du Maire de Saint-Denis M. Laurent Russier à une réunion concernant les travaux sur l’axe ferroviaire Paris Nord et le CDG Express en présence notamment de Mme Corinne Lepage ancienne ministre de l’environnement, de la députée Clémentine Autain, de la maire de Mitry-Mory Mme Blandiot-Faride.

Le CDG Express, ligne ferroviaire privée, doit relier directement l’aéroport Charles de Gaulle à la gare du Nord pour 29 € par trajet, en empruntant notamment les voies du RER B dont il perturbera le trafic. Il devait être construit pour les JO de 2024 mais les travaux pharaoniques à marche forcée auraient entraîné des perturbations insupportables pour les usagers. La ministre des transports a donc annoncé le 29 mai que le CDG Express ne serait pas mis en service avant décembre 2025. Précisons que ce projet doit s’inscrire dans un ensemble de 15 chantiers majeurs (régénération des rails, des caténaires, modernisation des trains et systèmes d’exploitation du RER B et D, mise en accessibilité des gares, développement des interconnections…).

La ministre s’était engagée, tout comme la Présidente de la Région Valérie Pécresse qui soutient elle aussi le projet, à ce que les travaux soient réalisés sans dégrader la qualité du service. Il n’en est rien ! Les perturbations toucheront chaque jour 1 million de passagers du RER B et du Transilien K pendant 7 ans (des weeks-ends de fermeture complète du réseau, fermetures partielles de jour, des limitations de vitesse, coupure de 17 jours de Paris au Bourget à l’été 2025…). La mise en place de bus de substitution s’avère complexe et entraînera forcément des temps de déplacement plus longs pour les usagers. Et, point crucial, pour réaliser ce CDG Express, certains travaux de régénération du réseau des transports quotidiens seront repoussés. Pour les usagers, c’est la double peine, ils subiront les perturbations pendant et après la construction d’une ligne qui n’apportera aucune amélioration à leurs difficultés quotidiennes.

Plus que jamais, nous réaffirmons que la rénovation du RER B doit être la priorité. L’Etat doit nous donner des garanties sur les rénovations prévues et sur un calendrier de travaux.

Nous nous opposons à la construction d’une ligne privée pharaonique pour une minorité d’usagers alors que des travaux sont indispensables pour répondre aux besoins d’une population en augmentation dans nos territoires : la construction de la ligne 16 au-delà du Bourget, la ligne 17 du Grand Paris Express qui figurait pourtant dans le dossier de candidature aux JO, essentielle pour desservir les terminaux de l’aéroport, sans oublier le développement nécessaire du réseau routier totalement saturé et très insuffisant.

Comble de l’absurde, la SNCF propose une solution alternative au CDG Express qui ne sera pas réalisé pour les JO : « un système de navette en RER B, un train tous les quarts d’heure entre l’aéroport de Roissy et la gare du Nord avec des liaisons directes et des liaisons avec arrêt à la Plaine-Saint-Denis pour desservir le village Olympique. » Un simple aménagement du RER B permettrait d’offrir le même service en quelques minutes de plus !

Par ailleurs, l’amélioration de la cadence de la ligne K et du RER B, la construction de la ligne 17, le maintien des trains directs Roissy actuels (quasiment vides la plupart du temps) permettraient de mieux desservir l’aéroport tout en profitant aux usagers du quotidien.

C’est bien la preuve qu’aucun élément ne justifie la construction du CDG Express ni l’engagement des pouvoirs publics. Il ne se justifie que par l’extrême confort qu’il offrirait à quelques-uns alors que les conditions de transport d’1 million de passagers sont déplorables.

Le CDG Express coûtera 2,1 milliards financés par un prêt de l’Etat, en principe remboursé par les recettes de billetterie et par une taxe aéroportuaire sur les billets d’avion. Or, le report du CDG Express fin 2025 va entraîner des coûts supplémentaires et nous savons pertinemment que le prêt de l’Etat ne sera jamais remboursé. L’Etat est-il prêt à rajouter quelques milliards de plus pour un projet privé non rentable, lié à la privatisation d’ADP aujourd’hui remise en question ? 

Les maires, dont celui d’Aulnay, demandaient des compensations  pour limiter les nuisances sonores, par exemple un mur anti-bruit. Il coûterait 50 millions pour couvrir le trajet en totalité mais il n’y aurait qu’une proposition de 15 millions. Comment imaginer alors une concurrence entre les communes pour choisir les riverains les mieux protégés ?

L’Etat n’a jamais organisé de réelles concertations sur un projet au coût financier et social considérables sans oublier l’impact environnemental. L’Etat entretient au contraire la plus grande opacité sur ce projet. Les enquêtes publiques restent confidentielles et l’avis des habitants n’a pas été pris en considération. Malgré tout, il veut passer en force en poursuivant les travaux à un rythme effréné à Mitry-Mory, en l’absence de tout Comité de suivi.

Nous avons la possibilité de faire reculer l’Etat mais la mobilisation des communes reste très insuffisante. Nous avions proposé au maire en conseil municipal de faire à Aulnay des actions « choc », comme la maire de Mitry- Mory qui manifeste depuis des mois avec les association et les habitants  sur le chantier du CDG Express. Notre proposition n’a pas été retenue.

Il est essentiel que les exécutifs des communes se mobilisent massivement au travers de réunions d’information et de concertation. Nous sommes prêts à participer à toute action, avec les habitants et les associations, pour des solutions alternatives au CDG Express et pour obtenir des garanties en faveur du RER B.

Nous remercions les lanceurs d’alerte pour leur vigilance et leurs démarches et attendons la mise en place d’une action commune.

Les élus socialistes.

 

 

 

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