Budget de la commune : quelles perspectives pour 2019 ?

Les élus du groupe PS et Radicaux ont commenté les orientations budgétaires pour 2019 lors du dernier conseil municipal. Dans un contexte national difficile et incertain, M. Beschizza a signé le contrat triennal avec l’Etat qui l’engage à ne pas augmenter les dépenses publiques de plus de 1,3% par an et à réduire le besoin de financement, faisant même un excès de zèle, Aulnay ayant la possibilité d’augmenter ses dépenses de 1,5%. C’est un engagement risqué, d’autant plus que le Maire le dit lui-même: comment avoir une relation de confiance avec l’Etat sans connaître le devenir de la taxe d’habitation, sans connaître la réforme générale de la fiscalité locale et en ignorant tout du devenir des Territoires de la Métropole du Grand Paris ?

Quel sera donc le prix à payer par les aulnaysiens pour que ce diktat de l’Etat soit respecté, quoi qu’il arrive ?

Pour 2019, la commune bénéficierait d’une hausse des recettes, suite à une pause dans la contribution des collectivités au redressement du déficit public et à une reprise du marché immobilier amenant des droits de mutation importants. Vu la multitude de constructions depuis 2014, on peut dire que le super bétonnage du Maire va payer!

Au niveau des dépenses, il est prévu une baisse de la masse salariale. L’équipe municipale est bien dans la droite ligne des objectifs du gouvernement Macron avec son objectif affiché de 120 000 fonctionnaires en moins. Mais tout çà pour quel service public ?

L’épargne nette qui sert à financer les investissements frôle le zéro fin 2018 après 3 années d’épargne négative. Le Maire est donc contraint d’accélérer les emprunts pour financer son programme d’équipements, d’autant plus qu’il veut boucler ses projets phares avant les élections !

Durant 5 ans, les investissements étaient insuffisants pour une ville de cette taille avec une moyenne de 22 M par an. Il prévoit pour 2019 un montant record de 40 M € d’investissements, financés par moitié par l’emprunt (19 M) par 5 M de vente des « bijoux de famille » (terrains ou pavillons de la ville) et 5 M de subventions.

Nous approuvons les réalisations du centre multimodal à Balagny et le nouveau groupe scolaire dans l’annexe Barrault. Mais les 17,5 M (sur 2 ans) pour le centre nautique et les 6 M de la Place Abrioux (un projet contesté) représentent un effort surdimensionné qui fait chuter l’enveloppe réservée aux rénovations des bâtiments, à seulement 8,6 M en 2019 et 8 M les 3 années suivantes. Le choix du Maire s’est donc porté sur des réalisations prestigieuses mais coûteuses, au détriment de bon nombre d’équipements publics. Est-ce vraiment répondre aux besoins des aulnaysiens ?

La dette explose, 139,4 M fin 2018 mais c’est loin d’être fini, au vu de plus de 70 M d’emprunts supplémentaires prévus de 2019 à 2022 !

Depuis 5 ans, cette équipe municipale est confrontée aux mêmes contraintes que précédemment, des recettes qui stagnent face à des dépenses difficiles à maîtriser. Mais quelle énergie les élus de la majorité mettent-ils à montrer que leurs difficultés viennent de la politique de la précédente majorité !

Ils en sont encore à ressasser les mêmes données, passant sous silence la situation réelle à l’arrivée de la gauche, en se glorifiant d’une épargne brute de 22,4 M en 2007 réduite à 10,8 M en 2013. Or, à notre arrivée en 2008, le budget était établi par l’équipe précédente. Nous n’avons rien changé puisque nous étions sous le coup d’un recours qui a bloqué toute action pendant 1 an ! En réalité, en 2008, l’épargne brute dégagée par la municipalité conduite par M. Gaudron n’était plus de 22,4 M mais de 12,9 M soit une chute de 42 % .

Nous avons donc démarré notre mandat avec une épargne bien maigre et un « effet ciseaux » déjà annoncé en 2007 par M. Chaussat : des recettes en baisse et des dépenses difficiles à maîtriser suite à la charge excessive de 557 nouveaux postes crées entre 2001 et 2008 qui plombait le budget. Nous avons emprunté pour pouvoir réaliser 30 à 35 M par an afin de respecter le Programme de Rénovation Urbaine signé par M. Gaudron (10 M par an pendant 4 ans), faire disparaître l’usine d’amiante et rattraper le retard dans les bâtiments publics. Nous avons gardé un haut niveau de services publics, favorable aux familles aux revenus modestes.

Pour dégager des marges de manœuvre, M. Beschizza utilise le même levier depuis 2014: les économies. Certes, elles sont nécessaires mais tout est question de choix politiques. Depuis 5 ans, la politique budgétaire de M. Beschizza et de sa majorité ne répond pas aux mêmes exigences que précédemment, avec des services réduits et plus chers qui pénalisent prioritairement les familles des classes moyennes ou aux revenus modestes.

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