Avis défavorable au CDG Express , B. Beschizza et sa majorité se rallient à l’avis des élus de l’opposition.

Hier soir en conseil municipal, les élus devaient se prononcer sur le projet du CDG Express. Or, au Conseil territorial lundi soir, B. Beschizza Président du CT avait retiré son texte où il demandait « un avis favorable au projet » face à la forte opposition des élus prêts à voter CONTRE. D’où une situation rocambolesque au conseil municipal, car B. Beschizza ayant changé d’avis depuis lundi, allait en tant que Maire, demander à sa majorité de voter CONTRE son propre texte proposant encore un « avis favorable ».

Les présidents des différentes sensibilités politiques se sont exprimés, pour notre groupe PS et Radicaux, Guy Challier, président de groupe.

Nous irons déposer demain la contribution du groupe des élus PS et Radicaux à l’enquêteur public à Aulnay, lors de sa dernière permanence.

Bruno Beschizza ira-t-il lui aussi , déposer sa contribution en son nom et pour sa majorité , en donnant à présent un « avis défavorable au projet du CDG Express » ?

Voici des extraits de l’intervention de Guy Challier :

« Nous allons devoir prendre ce soir une décision très importante pour l’avenir du quotidien de dizaines de milliers de personnes dont bon nombre d’Aulnaysiens qui tous les jours se demandent s’ils vont arriver à l’heure sur leur lieu de travail, rentrer à temps pour aller chercher les enfants à l’école et même s’ils vont pouvoir aller travailler. Je parle là, du quotidien des habitants de notre territoire, de notre ville, pour qui, prendre le RER B quotidiennement, devient une véritable aventure.

Mais en quoi les usagers du RER B seraient-ils concernés par la décision que le Conseil Municipal va prendre ce soir, au sujet de l’avis concernant le CDG Express ?

Je souhaite vous en expliquer les raisons, afin que demain les habitants sachent que nous étions tous bien au courant de ce projet dévastateur pour leur vie quotidienne et que nous avons voté en toute connaissance de cause …

– un projet élitiste qui ne desservira pas notre territoire

– une liaison qui détériorera durablement le fonctionnement et la régularité de la ligne B du RER empruntée par 900.000 passagers par jour

– un projet structurellement déficitaire et largement subventionné par l’État alors que nos collectivités se battent au quotidien pour préserver leurs dotations et subventions

– un mauvais projet en triplon qui est foncièrement dépassé et n’apporte pas de plus-value au système actuel et projeté de transports publics dans le Nord-Est parisien

– un projet qui interdira le développement d’une offre complète sur la ligne K, avec dorénavant un terminus à Mitry-Claye, alors que l’arrêt en gare d’Aulnay pour avoir des directs en heure de pointe, avait été obtenu par une vraie bataille en 2013, par le maire et le député, Messieurs Gérard Ségura et Daniel Goldberg.

Pouvons-nous en toute bonne foi et en toute honnêteté valider ce projet qui va à l’encontre des intérêts de notre territoire, et de la qualité de vie de nos habitants ? Nous, nous pensons que non, et comme nous avons ensemble ici même et au territoire, su nous opposer à des projets néfastes pour notre ville, je pense à Europacity, aux reports des lignes 16 et 17, notre devoir est de prendre un avis défavorable à l’autorisation environnementale du CDG Express …nous voterons CONTRE cette délibération…

M. le Maire, vous avez indiqué que le retrait du texte au CT était pour vous normal, parce que c’était à chaque Conseil municipal de se prononcer. Mais l’enquête publique sera close le 20 novembre, les 8 CM des villes du territoire ne se seront pas réunis à cette date, et que par conséquent l’avis du CT était primordial, essentiel pour contrer ce projet qui va empoisonner les vies de milliers d’usagers, d’habitants du territoire et d’ Aulnaysiens tout particulièrement.

Les discussions ont été très vives lundi soir, le CDG Express a été principalement défendu par 2 villes, Le Bourget et Drancy, avec une plaidoirie du Député M. JC Lagarde appuyant de toutes ses forces l’avis favorable que vous proposiez de voter au CT. Mais visiblement, une majorité d’élus présents, de toutes tendances politiques, était prête à stopper ce projet du CDG Express, car ils savent que si ce projet continue, il sera dévastateur pour le quotidien des habitants du territoire.

Nous vous demandons solennellement au nom de notre groupe PS et Radicaux, de convoquer un CT extraordinaire avant le 20 novembre 2018 pour que le NON massif au CDG Express soit acté.

A cette demande, le maire a répondu que l’avis des communes primait sur le Conseil de Territoire encore tout récent. Il n’y aura pas de nouvelle réunion du CT.

Dernière mise au point au moment du vote : les élus PS, Radicaux et PCF ont soulevé le problème d’un vote CONTRE la délibération qui signifiait notre rejet des arguments de B. Beschizza justifiant son avis favorable (demande d’un mur anti- bruit, compensations diverses…qui tomberaient de toute évidence dans les oubliettes) alors que le vote devait signifier le REFUS du projet .

Le maire a donc fini par annoncer le retrait de son argumentaire. Il ne subsistera de la délibération que « avis défavorable au projet CDG Express » .

Vote final : « Qui est POUR un avis défavorable au projet CDG Express ? »

Vote à l’unanimité !

Ci-dessous, les 6 points de l’argumentaire présenté par Guy Challier :

La ligne CDG Express est un projet privé qui reliera la Gare de l’Est à la Gare de l’Aéroport Charles-de-Gaulle 2 via un tunnel sous l’actuelle zone d’activité CAP18, puis reprendra la partie de la Petite-Ceinture entre L’évangile et La Chapelle-Charbons puis utilisera les voies 1 et 2 de la ligne Paris-Hirson entre la Plaine et Villeparisis et enfin rejoindra la Gare de l’Aéroport Charles-de-Gaulle 2 via une ligne nouvelle de 8 km. Cette ligne privée est portée par deux opérateurs publics : Aéroports de Paris et SNCF Réseau, suite à l’abandon du privé, de Vinci en 2011, seul candidat sur 5 candidats initiaux ayant déposé une offre en 2008.

Le financement du projet :

Vinci seule société à avoir déposé une offre en 2008 a jeté l’éponge en 2011, faute de financements et faute de perspective d’équilibre financier.Le projet a été repris par Aéroports de Paris et SNCF Réseau. Aujourd’hui, on n’a même pas de garanties sur Aéroports de Paris dont la privatisation est annoncée par Emmanuel Macron et SNCF Réseau dont l’endettement est de 54,5 milliards d’euros au début 2018.

Le coût du projet, initialement estimé à 2,2 milliards d’euros sera financé par un prêt de l’État de 1,7 milliard d’euros ainsi que par une avance sur taxe aéroportuaire prélevée sur les passagers de l’aéroport qu’à partir de 2024 pour un montant de 1,3 milliard d’euros, autrement dit on fait tout reposer sur l’impôt du contribuable. Cette taxe devrait théoriquement financer par la suite les pertes d’exploitation. Ce qui est évident, c’est qu’ADP devenu privé n’acceptera jamais de participer aux pertes financières que va générer l’exploitation de ce nouveau transport dédié, donc on sait tous ici, à quelle porte on viendra frapper le moment venu, l’Etat probablement, et les collectivités.

Il est à noter que tous les projets de liaisons aéroportuaires directes se sont révélés déficitaires, les prévisions de fréquentation étant toujours surestimées. En Angleterre, l’exemple Heathrow Express malgré son exclusivité de desserte du terminal 5 et son concurrent poussif, le métro qui rejoint Londres en 1h00, il reste désespérément déficitaire.

La pertinence de l’offre CDG Express :

Le CDG Express constituera à terme une des trois offres de liaison ferrée entre l’Aéroport et la Capitale,  avec l’actuel RER B et à terme la ligne 17 du métro du Grand Paris. A noter qu’à l’inverse de la ligne 17, elle ne desservira pas le futur terminal 4 qui accueillera à terme 40 millions de passagers.Pour l’instant, le prix des trajets est estimé entre 27 et 30 € pour un temps de parcours de 23 minutes. A titre de comparaison, un trajet de porte à porte en Taxi (jusqu’à 4 personnes) est forfaitairement de 50 € pour Paris-Rive-Droite et de 55 € pour Paris-Rive-Gauche. Et le par le RER B le prix est de 10,3 € pour un temps de parcours de 25 à 30 minutes vers gare du nord, le CDG Express permet donc de gagner 2 minutes pour rejoindre le cul de sac de la Gare de l’Est pour 17 € de plus. CDG Express, selon ses promoteurs permettrait de libérer les utilisateurs du RER B des bagages des passagers aériens, alors même que le transport aérien continue son développement sur le low cost, comment imaginer qu’un passager d’un vol low cost paye presque aussi cher son transfert vers Paris que son vol.

Les perturbations en phase de travaux :

En phase travaux, on promet aux 900.000 usagers de la ligne B, un impact limité mais dans la réalité on a déjà constaté en phase préliminaire :

– Travaux du week-end 6 et 7 octobre : restitution des voies le lundi 8 en cours de l’après-midi, service réduit à 3 trains sur 5, ligne K limitée à Mitry-Claye

– Travaux du week-end suivant : restitution des voies dans la nuit du lundi au mardi, service réduit à 3 trains sur 5, ligne K limitée à Mitry-Claye

Par ailleurs, les services de substitutions sont lents et très généralement insuffisants, sans coordination avec les lignes existantes de bus (réseaux RATP, Kéolis, Transdev), la SNCF recommandant même aux voyageurs de différer leur déplacement.

Les perturbations en phase d’exploitation :

Entre Paris-La Chapelle Charbon et Villeparisis, la ligne du CDG Express utilisera les voies 1 et 2 de la ligne Paris-Hirson, les voies 1bis et 2bis étant utilisées exclusivement par la ligne B du RER. Actuellement, les voies 1 et 2 sont utilisées par la ligne K du Transilien, par le TER Hauts-de-France Paris-Laon et par les trains de Fret du Corridor Nord-Atlantique via le triage du Bourget-Drancy relié aux plate-formes multimodales de Noisy-le-Sec et de Valenton. Par ailleurs, les voies 1 et 2 servent aussi de voies de délestage et de régulation en cas de perturbations sur la ligne B (pannes de matériel, problèmes d’alimentation ou pannes de signaux).

Les conflits d’intérêt et la faiblesse des études d’impact dans l’utilisation de la partie commune des installations existantes ont été pointées dans le rapport de l’Autorité environnementale.

« En fonctionnement normal, il n’y a pas d’interaction entre le CDG Express et le RER B, la ligne étant dédiée au CDG Express. Néanmoins, en cas de perturbation sur les lignes utilisées par le RER B, un délestage était réalisé sur la ligne la Plaine-Hirson dont le CDG Express utilisera dorénavant deux des quatre voies, limitant d’autant la possibilité d’utiliser ce délestage.

Les analyses présentées dans le dossier peinent à démontrer que le projet n’aggrave pas les situations de perturbation rencontrées. La démonstration repose essentiellement sur un raisonnement fondé sur la moyenne de perturbation qui concerne 2 % des trains. Toutefois, cette moyenne ne reflète pas la réalité des situations rencontrées en cas de perturbation, le taux de trains concernés étant alors à un instant donné beaucoup plus élevé.

Le dossier présente la réalisation de travaux de retournement des trains en gares d’Aulnay-sous-Bois, le Bourget et La Plaine-Stade de France qui participent à une meilleure fluidité du trafic en cas de perturbation ; ils ne suffisent pas cependant à remédier complètement aux difficultés liées à la diminution des capacités de délestage vers la ligne qui sera utilisée par le CDG Express.

Les rapporteurs ont été informés lors de leur visite, qu’une étude complémentaire avait été

diligentée qui démontre que le maintien du niveau de service actuel du RER B dans ces situations nécessiterait de diminuer la fréquence des trains CDG Express à 2 voire 1 par heure. Le maître d’ouvrage a indiqué s’apprêter à appliquer cette disposition, de façon à éviter de pénaliser les usagers du RER B. » la fréquence prévue de l’opérateur est de 4 trains par heure.

Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur la liaison ferroviaire Charles de Gaulle Express Ae 2018-41 adopté en séance le 25 juillet 2018,

http://www.cgedd.developpementdurable.gouv.fr/IMG/pdf/180725_charles_de_gaulle_cdg_express__75-77-93-95__delibere_cle06d663.pdf

La situation en Gare de l’Aéroport Charles-de-Gaulle 2

Par ailleurs, la configuration de la Gare de l’Aéroport Charles-de-Gaulle 2 pose problème. Faute d’espace suffisant, les voies du CDG Express s’embrancheront par le sud sur l’arrière-gare de l’actuelle ligne B venant du Nord. Ces voies servent actuellement à remiser des rames en attente des pointes du matin et du soir, à découpler les rames ou encore à stocker du matériel victime de panne. Ces voies sont un outil essentiel pour assurer la régularité et optimiser la circulation de cette branche de la ligne du RER B. Il est d’ailleurs paradoxal que la SNCF prive la ligne B de ces voies de service alors que dans le même temps des voies similaires ont été construites en gare de Mitry grâce au financement du STIF actuellement IDF Mobilités.

Enfin, la mise en place dans la perspective des Jeux Olympiques

La réalisation du CDG Express est mise en avant dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Or, il s’agit d’un faux argument car les sites olympiques seront majoritairement desservis par la ligne B du RER et la ligne 16 si toutefois il n’y a pas de retard.

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