Conseil Municipal du 4 avril: un numéro digne d’ Houdini, le célèbre illusionniste !

Ce mercredi, nous avons assisté à un grand tour de passe passe réalisé par la majorité municipale «Aulnay Respectueuse» à propos de la délibération concernant le devenir de l’ex école Bougainville.

Le Conseiller régional Bruno Beschizza qui a pourtant voté en 2016 «La charte d’une nouvelle éthique sur la transparence en politique en Ile de France» pour lutter contre «la gabegie et les comportements opaques» dixit la présidente de région Valérie Pécresse, a certainement oublié de la communiquer au Maire Bruno Beschizza car la délibération en question était comme par hasard affichée et non présentée en conseil municipal. Par conséquent, il n’y aurait eu aucune visibilité pour la population si les élus de l’opposition ne l’avaient pas mise en débat.

En 2010, l’ancienne majorité conduite par G.Segura avait mis à disposition les locaux de l’école Bougainville, vides depuis 2007, à l’association EMJF, comme cela se fait pour toute association aulnaysienne qui propose des activités aux habitants.

B.Beschizza et sa majorité avaient déjà procédé en catimini en juillet 2017 lorsqu’ils avaient affiché la délibération actant la désaffection et le déclassement de cette école. Les élus de l’opposition avaient alors demandé un débat, n’étant pas favorables à ce déclassement (on pouvait à tout moment reprendre cette école en fonction des besoins) et inquiets d’une vente possible à l’EMJF. B.Beschizza avait alors répondu à 2 reprises: «je m’engage à ne pas faire de cession »… «il n’y aura pas de cession, la parole d’un maire devant ses élus en Conseil Municipal».

Or, mercredi dernier, grand tour de magie digne d’ Houdini ! Qu’est devenue l’EMJF, l’Espérance Musulmane de la Jeunesse Française ? Pour ne pas perdre la face, la majorité présente le projet d’une soi disant nouvelle association «Education pour tous» qui est ou qui n’est pas l’ EMJF. On ne comprend même plus la démonstration du Maire qui se contredit lors de son allocution. Et c’est très fort, cette association crée depuis 3 mois se voit confier par l’intermédiaire d’un bail emphytéotique de 25 ans soit ¼ de siècle (loyer de 900 €/mois), l’école Bougainville déclassée. Or, il s’agit toujours d’un bien appartenant à la commune, donc à tous les aulnaysiens.

Autant dire que B. Beschizza au travers du bail emphytéotique accepte que la ville se dépossède d’une ancienne école de la République pour permettre à une école confessionnelle de s’y installer.

Mais au lieu d’assumer publiquement ce choix politique, ce qui aurait été plus clair, le maire présente une délibération dont le contenu est imprécis, sans note de synthèse et sans document officiel. Le maire se retourne vers son administration pour vérifier…Pas de document en annexe ? De qui se moque-t-on ? Un projet de cette importance serait mal préparé par l’administration municipale ?

D’après les dires de M. Beschizza, nous apprenons également que cette association «Education pour tous» œuvre depuis des années mais n’a décidé de s’enregistrer que maintenant. Assez bizarrement personne dans le milieu associatif ne la connaissait. Inconnue même sur le site de la ville dans l’annuaire des associations et sur les réseaux sociaux à l’heure de la communication 2.0. Etonnant !!!

Nous apprenons également que cette association «Education pour tous» ou EMJF (on ne sait toujours pas) a pour projet l’ouverture à la rentrée scolaire 2018 d’une classe de CP, donc ouverture d’une école privée, peut-être d’ici là sous contrat ?

Là encore, de qui se moque-t-on !!! Pour ouvrir une école privée sous contrat, il faut l’aval du Ministère de l’éducation nationale et l’embauche de professeurs des écoles rémunérés par l’état, donc fonctionnaires. Le Maire qui se vante de connaître toutes les lois qui régissent notre République devrait savoir que dans un délai aussi court, c’est impossible. Il aurait dû consulter son adjointe à l’éducation qui doit bien connaître les règles de recrutement de l’Education nationale…
Dans les écoles privées sous contrat, on doit Respecter le Programme Officiel de l’éducation nationale. Peut-on être certain que cette association appliquera ce programme à la lettre !

En conclusion, nous n’avons rien contre la création d’une école privée confessionnelle sous contrat  mais il est essentiel d’avoir sur le sujet un débat public transparent, sans arrière pensée politicienne opaque. Nous dénonçons le tour de passe passe du Maire, cette cession déguisée d’un bien public à l’association qui obtient de ce fait le feu vert pour l’ouverture dès septembre de la 1ère classe d’une école confessionnelle, sans l’agrément de l’Education nationale.

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