Budget 2018 de M. Beschizza et ses élus : moins de services publics et des investissements insuffisants malgré la course aux emprunts.

Le conseil municipal du 4 avril a révélé une situation budgétaire très tendue, dégradée par rapport à 2016 et un budget 2018 placé sous le signe de l’austérité et de l’accroissement de la dette.
Après avoir critiqué avec virulence la politique budgétaire de l’ancienne majorité, M. Beschizza et ses élus font l’expérience d’un problème récurrent mais amplifié cette année : les dépenses de fonctionnement augmentent plus vite que les recettes. Mais bien sûr, au lieu d’assumer leurs résultats, ils rejettent la responsabilité sur l’ancienne mandature alors qu’ils sont élus depuis 4 ans !

Le bilan 2017 indique pourtant que les recettes de 173,3 M ont augmenté de 6,3 M par rapport à l’année précédente (pour rappel: l’ancienne majorité avait disposé de 173,6 M en 2013).
Par contre, les dépenses accusent une hausse de 8 M soit 169,5 M en 2017 contre 161,6 M en 2016 (pour rappel 167 M en 2013… et on nous accusait de dépenser sans compter!).

L’épargne nette est négative pour la 3ème année avec une forte chute à -2,8 M en 2017.
La situation est donc très alarmante puisque la Ville, n’ayant plus d’épargne, devra emprunter dans des proportions plus importantes pour réaliser les programmes d’équipement pourtant fort réduits depuis le début du mandat.
10,8 M d’emprunt en 2013, 11,5 en 2014, 10 en 2015, 16 en 2016, 19,7 en 2017 soit 68 M en 4 ans.

C’est donc un cercle infernal et l’on peut même dire que la machine s’est emballée puisque ces emprunts font grimper la dette. Elle atteint 125,5 M, c’est 10 M de plus par rapport à l’an passé.
Les conséquences pour les générations futures sont graves car le nombre d’années pour rembourser la dette, s’envole : 17 ans 10 mois et 10 jours en 2017 contre 13 ans l’an passé. On se souvient des élus de l’opposition qui criaient au scandale lorsque nous étions à 9 ans 4 mois en 2013.
Le seuil critique des 15 ans, limite du basculement pour une ville de 83 000 habitants vient d’être atteint !
La dette par habitant grimpe à 1514,24 € (8,33 % de plus qu’en 2016 et 22,45 % de plus qu’en 2013).

Les dépenses d’investissement sont pourtant très faibles pour une ville de cette taille : 23,7 M en 2017 – 22,5 M en 2014, 17,5 en 2015, 22 M en 2016. Avec une moyenne de 21,4 M de travaux et aménagements par an, on comprend mieux l’état déplorable des voies communales …

LE BUDGET PRIMITIF 2018

Les recettes devraient augmenter légèrement et les dépenses sont revues à la baisse.
-1M de moins pour les charges de personnel. Il y aura sans doute une diminution du nombre d’animateurs suite au retour à la semaine scolaire de 4 jours, une décision du Maire prise essentiellement pour des raisons d’ économies.
-1M de moins sur les services généraux

-enseignement et formation: 18 M , c’est nettement inférieur aux montants de l’ancienne majorité, 21 M en 2012 et 27 M en 2013.

-le sport :1,8 M pour le futur centre nautique mais la réalité du financement de cet équipement est sévère, car si en 2020 la Ville n’aura dépensé que 4M, cette équipe municipale laissera la note de 32M aux aulnaysiens pour les 30 années à venir. C’est une dette différée qui viendra grossir l’endettement de la ville pour les générations futures.

-interventions sociales et santé : en baisse, 8,9 M au lieu de 9,2, ce poste important pour les aulnaysiens reçoit moins que la sécurité. En 2012, le budget s’élevait à 12,2 M. Mais il est vrai que ce n’était pas dans les priorités de campagne électorale de M. Beschizza.

-la sécurité :voilà le poste qui augmente encore (+275 600 € ) soit un total de 9,2 M. La note est salée pour les aulnaysiens qui paient des moyens surdimensionnés en police municipale et en moyens de surveillance alors qu’à ce jour les résultants ne sont pas probants.

Les dépenses d’équipement 2018 , financées à 75% par un nouvel emprunt de 22 M.
Une prévision de 31,2 M € d’investissement mais il y a toujours un décalage entre les prévisions et les réalisations. En 2017, seulement 62,4 % ont été réalisés soit 23,7 M.

On retiendra 7 M pour l’espace public (2,7 M de plus), le PRU- Sisley 4,3 M, Mitry- Princet 3M….Sur le mandat, il y aura en fait 2 équipements : le Centre Balagny et pour la sécurité, le coûteux Centre de supervision  urbaine .

-environ 5 M pour la rénovation et restructuration des bâtiments publics dont les écoles du Bourg et République (sans doute un préfabriqué). C’est peu.

-la mise en accessibilité de la ville : 460 600 € de travaux. Le planning en 2014 prévoyait 1 M de travaux par an pendant 9 ans. Apparemment, les travaux prennent du retard.

-528 397 € de moins pour les associations (- 6,28 % ).Tout de même près d’1,8 M de moins depuis 2015 (-18,5 %). Baisses de 50 000€ pour l’ACSA, 17 000 € pour l’IADC, 35 800€ pour la Meife.

En conclusion. Le budget primitif 2018 est semblable aux précédents, plombé par des dépenses qui augmentent plus vite que les recettes. Mais contrairement à nous, M. Beschizza et sa majorité choisissent de faire des coupes budgétaires dans des services publics essentiels tels que la santé, le social, l’éducation qui touchent prioritairement les classes moyennes et modestes. On l’a bien vu lors de la baisse de moyens pour les services de soins, la fermeture des centres sociaux ou le retour à 4 jours de classe. On le voit aussi avec le choix des délégations de service public au privé (crèches, futur centre nautique …) et les hausses des tarifs depuis 2014 (restauration, culture, loisirs).
De plus, en limitant sur tout le mandat les investissements pour revenir à une situation antérieure à 2008, ils mettent en péril le patrimoine actuel, tout en enfonçant les finances de la ville dans un endettement important.

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