Le retour à la semaine de 4 jours, c’est aussi un mois d’École en moins pour les enfants !

Depuis le début des débats sur les rythmes scolaires en 2013, les élus socialistes ont toujours défendu des mesures élaborées en pleine concertation avec les parents et les enseignants. C’était le sens de la vaste consultation organisée à la fin 2013 pour choisir notamment entre le mercredi ou le samedi travaillé…consultation que B. Beschizza a renié lorsqu’il a été élu maire en 2014, causant de multiples difficultés pour les familles aulnaysiennes pendant trois ans et des tensions inutiles avec l’Éducation nationale.

Aujourd’hui, nous prenons acte de la décision voulue par une majorité de familles et d’enseignants de la ville de revenir à une semaine où seules 4 journées sont travaillées. Néanmoins, nous réaffirmons que ce choix conduira à l’équivalent d’un mois d’École en moins par an pour nos enfants et est contraire à ce que font la plupart des pays européens en la matière.

Dans le dernier numéro d’Oxygène, l’adjointe au maire chargée de l’éducation applaudit cette évolution et critique avec force l’ancien gouvernement qui est revenu à une semaine de 4,5 jours…comme si les 4 jours travaillés avaient toujours existé ! C’est oublier que jusqu’en 2008 les enfants allaient à l’École 4 jours et demi par semaine et que c’est N. Sarkozy qui avait imposé la semaine de 4 jours…tout en supprimant 60 000 postes d’enseignants. C’est ignorer que les médecins et les spécialistes de l’éducation ont dénoncé la semaine de 4 jours comme « la pire des hérésies » si bien qu’en 2013, le retour à 4,5 jours a été approuvé par 72 % des français !

Rappelons d’ailleurs que le candidat Bruno Beschizza avait indiqué dans son programme, « nous nous engageons à profiter de la réforme des rythmes scolaires pour développer une aide individualisée pour les enfants en difficulté et développer pour tous des activités favorisant la réussite scolaire ». Belle promesse électorale mais, à Aulnay, la mise en place de la réforme a été une succession de mauvaises décisions qui ont nuit au parcours éducatif  des enfants : mécontentement des familles causé par le samedi matin imposé par B. Beschizza contre leur avis, mauvaise organisation des NAP (activités périscolaires) avec des moyens très insuffisants,…

Devant ces mauvaises conditions, nous comprenons le désarroi des familles. Pour la ville, ce sont essentiellement des considérations financières qui ont poussé à ce choix.

Pourtant, nous maintenons que la nocivité de la semaine de 4 jours, avec le même programme et les mêmes congés scolaires, qui fait consensus devrait passer après les difficultés d’organisation pour les parents et les personnels éducatifs.

En, 2010, l’Académie de médecine insiste sur « le rôle néfaste de la semaine de 4 jours sur la vigilance et les performances des enfants ». En 2011, Luc Chatel, Ministre de l’Éducation nationale de N. Sarkozy déclare « la semaine de 4 jours est inadaptée et fait l’unanimité: fatigue et resserrement des enseignements ».

En juin 2017, un rapport du Sénat recommande de  « Ne pas revenir à la semaine de quatre jours qui est le pire système pour l’apprentissage des élèves, en particulier pour les enfants les plus fragiles. » En octobre 2017, les spécialistes de l’éducation dénoncent un double problème avec 4 jours de classe :

– problème quantitatif car la France était déjà une exception mondiale avec 4,5 jours par semaine alors que les autres pays sont à 5 jours. Les écoliers français n’auront plus que 144 jours de classe contre 190 jours dans tous les pays européens. Rappelons les propos d’Antoine Prost : « On a enlevé de 1960 à aujourd’hui un cinquième du temps scolaire. Comme l’école primaire dure 5 ans, c’est comme si on faisait en 2017, le programme des années 1960 en un an de moins. C’est comme si on avait obligé tous les élèves à sauter une classe. Inutile de verser des larmes de crocodile sur les élèves qui entrent en 6ème sans être capables de la suivre. Nous avons organisé l’échec.» ;

– problème qualitatif car toutes les heures de classe ne se valent pas : « les capacités d’attention pour les enfants en primaire sont de l’ordre de 4 h dans la journée. Remplacer le mercredi matin par des heures en fin de journée, c’est oublier que les enfants apprennent mieux le matin. On remplace donc des heures propices à l’apprentissage par des heures où les enfants sont fatigués et n’apprennent plus… »

Alors bien sûr, quand des élus répètent toute l’année que les enfants sont plus fatigués sans mener des actions auprès des familles pour inciter à un coucher le plus tôt possible dans la soirée, sans organiser des activités périscolaires engageantes, sans faciliter les devoirs après les classes, sans concevoir un temps de l’enfant qui tienne compte de ses capacités réelles, cela ne fait qu’affaiblir l’École publique : « quand on veut tuer son chien,…. »

D’ailleurs, dans ce débat, nous ne pouvons que regretter que les écoles privées sous contrat, donc largement financées par les ressources publiques, ne participent pas de la même manière à la prise en charge de tous les enfants. C’est aussi cela participer pleinement à des missions de service public. Aussi, les élus qui ont choisi – et c’est pleinement leur droit bien sûr – de scolariser leurs enfants dans ces écoles privées et qui se réclament à longueur de discours de la République devraient s’engager dans ce débat plutôt que conforter une école à deux vitesses : la liberté mêlée à l’égalité et à la fraternité, ce ne sont pas que des mots !

Bien entendu, un bilan sera à mener d’ici à quelques années sur cette nouvelle évolution. Mais, réduire le temps travaillé des enfants conduira, surtout pour les élèves les plus fragiles, à moins de chances de réussite.

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