Consultation sur la semaine scolaire pour 2018-2019 : 4 jours pour cocher les bonnes cases !

Les élèves aulnaysiens ont rapporté chez eux la semaine dernière, un feuillet à faire remplir par leurs parents intitulé « consultation rythmes scolaires 2018-2019 »
On se rappelle la pseudo concertation en février 2017 ! les parents n’avaient eu que 3 jours pour se prononcer sur un document de 13 pages présentant différentes organisations de la semaine pour la rentrée 2017, tenant compte du mercredi matin de classe et fixant la place et la durée des NAP ( Nouvelles Activités Périscolaires )
Il en est de même pour la rentrée de 2018. L’organisation des temps scolaire et périscolaire soulève pourtant de nombreuses questions mais le maire et ses élus, contrairement à l’ancienne municipalité, n’ont jamais souhaité mettre en place des groupes de réflexion réunissant les enseignants, les représentants de la mairie, les services municipaux, les associations, l’IFAC et les parents.
Les parents devront donc se contenter d’une simple consultation par vote, comportant 2 questions:
-êtes-vous favorable au retour à la semaine de 4 jours » : oui ou non
-pour le maintien du quart d’heure supplémentaire le matin ou pour revenir aux anciens horaires.
Que deviennent les Nouvelles Activités Périscolaires ? Est-ce un enterrement de 1ère classe comme on peut le pressentir ? Des villes qui optent pour la semaine de 4 jours mènent pourtant une réflexion sur le maintien d’activités périscolaires autres que garderie ou étude.

Au verso du questionnaire, le maire ne se prive pas de donner son avis en prenant l’ argument qui touchera les familles et qui, pourquoi s’en priver, pourrait influencer leur vote : « vous le savez, j’ai toujours voulu un retour à la semaine de 4 jours que je considère la plus adaptée aux rythmes de nos enfants et des familles ».
Mais personne n’ignore que les maires qui font marche arrière, dont B. Beschizza, ont avant tout une vision comptable du problème.
Certes, la réforme qui réduisait la journée de classe jugée trop longue, nécessitait un gros effort de la part des communes pour organiser et financer les temps périscolaires.
Mais ces difficultés de mise en oeuvre, qui ont mis en péril la réforme de 2013, ne justifient pas le retour à la semaine de 4 jours instaurée par N. Sarkozy en 2008. Cette organisation du temps scolaire avait été dénoncée comme « une hérésie »par les médecins et les spécialistes de l’éducation si bien qu’ en 2013, le retour à 4,5 jours avait été approuvé par 72 % des français.

Aujourd’hui, des maires, des enseignants et des parents rejettent la réforme pour différentes raisons.
Des voix s’élèvent pourtant pour regretter la décision précipitée du ministre du gouvernement MACRON, Jean Michel BLANQUER qui, à peine nommé, a œuvré à la démolition de l’existant, sans réelle concertation et sans donner le temps d’une évaluation sérieuse de la réforme.

En octobre 2017, Antoine Prost, spécialiste de l’éducation écrivait : « Remplacer le mercredi matin par des heures en fin de journée, c’est oublier que les enfants apprennent mieux le matin. On remplace donc des heures propices à l’apprentissage par des heures où les enfants sont fatigués et n’apprennent plus… »
Jusqu’en 1969, les élèves avaient 5 jours de classe complets du lundi au samedi après-midi, avec une coupure le jeudi (compromis entre l’école républicaine et l’église catholique pour réserver une journée à l’instruction religieuse).
En 1969, Pompidou libère le samedi après-midi.
Depuis, notre pays reste le seul pays à s’accrocher à la coupure du mercredi et aggrave même son paradoxe : 864 h d’enseignement par an au lieu de 800 en Europe, réparties sur162 jours dans le cas d’ une semaine de 4,5 jours alors que les pays européens répartissent les heures sur 190 jours. Le nombre de jours de classe en France tombera à 144 avec la semaine de 4 jours ! .
A. Prost : «  On a donc enlevé de 1960 à aujourd’hui un cinquième du temps scolaire. Comme l’école primaire dure 5 ans, c’est comme si on faisait en 2017, le programme des années 1960 en un an de moins. Les élèves d’aujourd’hui ont tous sauté une classe. A cela s’ajoute le fait que les apprentissages se sont diversifiés…il faut arrêter de faire croire aux gens que l’on peut faire plus avec moins. »

Journées trop longues, emplois du temps surchargés … la semaine de 4 jours aura un impact limité pour les enfants issus de familles favorisées mais moins d’école pour des enfants qui ne peuvent pas être aidés par leurs parents et qui ne peuvent pas bénéficier d’activités complémentaires, c’est prendre le risque d’amplifier l’ échec scolaire et les décrochages.

Le ministre s’interroge à présent sur la durée des vacances scolaires. Il aurait été plus constructif d’engager enfin une réflexion plus globale sur l’organisation de la journée, de la semaine et de l’année, replaçant l’enfant au cœur des réflexions et s’appuyant sur les spécialistes de l’éducation.

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