Affiches de prévention du sida : la justice donne tort à B. Beschizza et annule son arrêté

Le 21 novembre 2016, B. Beschizza décidait par un arrêté municipal pris sans aucune concertation, d’interdire sur la ville la diffusion d’une campagne nationale de prévention contre le sida. Il estimait que des affiches montrant des couples d’hommes s’enlaçant était « contraires aux bonnes mœurs » et qu’elles portaient « atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse ». A grands renforts de communication, il s’engageait, avec d’autres maires L.R. dans tout le pays, dans une vision rétrograde de la société.

La réprobation enfla dans l’ensemble du pays, dans les médias, dans les milieux professionnels de la santé et de nombreux aulnaysiens ont été choqués de voir notre ville de nouveau associée à une polémique qui dégradait l’image de la commune.

La ministre de la santé, Marisol Touraine, scandalisée par cette décision avait déclaré : « pour la santé publique et contre l’homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH ».

Ces affiches, conçues par le Ministère de la Santé en partenariat avec les associations de lutte contre le sida, voulaient sensibiliser la population la plus exposée au risque du sida : les hommes homosexuels. Le virus progresse avec 7 000 nouveaux cas annuels et sur 10 personnes qui découvrent leur séropositivité, de 4 à 5 sont des hommes homosexuels. La Ministre avait également suivi la demande des associations qui voulaient un affichage dans les lieux publics et pas uniquement dans les lieux fréquentés par les personnes homosexuelles, pour sensibiliser le plus grand nombre. En effet, l’homophobie commence par écarter de l’espace public les représentations de l’homosexualité.

Le tribunal administratif vient de donner tort à B. Beschizza estimant que la campagne d’affichage obéissait à un objectif de protection de la santé publique et n’était donc pas de nature à provoquer des troubles à l’ordre public.

Ce jugement, aujourd’hui symbolique, annule, un an après, cet arrêté contre une campagne qui n’a duré que quelques jours, arrêté que le Maire, visiblement peu assuré de sa démarche, avait choisi d’abroger de lui-même. C’est cependant une grande satisfaction pour toutes celles et ceux qui soutenaient pleinement cette campagne de santé publique et qui avaient réagi à la censure de B. Beschizza.

Ainsi, les élus de l’opposition, les blogs citoyens et politiques et plusieurs associations locales ou nationales sont confortés dans leur démarche passée. En particulier, nous rappelons que tous les jours le corps des femmes est utilisé à des fins publicitaires sur les murs de nos villes et que cela devrait appeler à une réflexion d’une autre nature. La lecture du communiqué de B. Beschizza, en rétropédalage maximum suite au jugement intervenu, est à lui seul une victoire pour tous les citoyens qui avaient décidé de s’opposer à lui.

Mais, l’affaire n’est pas terminée puisque le Maire, aux frais de la commune et des Aulnaysiens, a mis en cause les élus de l’opposition pour leur communiqué de réprobation commun et porté plainte contre les blogs qui l’avaient relayé. Nous attendons avec sérénité la suite que donnera la justice à cette plainte ; confortés par le jugement intervenu la semaine passée.

Les élus socialistes, radicaux et républicains.

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