Police de sécurité du quotidien: double discours et revirement du Maire

Cet été, le Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a annoncé la mise en place d’ici la fin de l’année d’une police de la sécurité du quotidien.
C’est donc la volonté de renouer avec l’idée d’une police de proximité mise en place par Lionel Jospin en 1998, axée sur la prévention, plus proche du terrain et ouverte au dialogue avec les citoyens.
Dès 2003 N.SARKOZY caricature le dispositif en déclarant aux policiers : « «vous n’êtes pas des travailleurs sociaux». La droite et une partie de la police dont B. BESCHIZZA, responsable syndical dans la police, dans la ligne de conduite de son mentor N.SARKOZY, cassent alors systématiquement ce dispositif qui disparaît avant d’avoir pu réellement faire ses preuves.

Rappelons par ailleurs la suppression de 13 000 postes de policiers et de gendarmes et d’écoles de formation durant le mandat 2007 – 2012.

Pour compenser les suppressions de postes de policiers, B. BESCHIZZA a augmenté les effectifs de la police municipale de plus de 25 % (de 64 à 80 postes) créant une police surdimensionnée, suréquipée, intervenant 7 j/7 et 24h/24, financée intégralement par le contribuable aulnaysien.
Mais pour quels résultats?
Aujourd’hui, B. BESCHIZZA semble bel et bien dépassé par les tensions et les multiples affrontements entre police et jeunes. Devant la presse, il reconnaît l’impuissance de la police face aux dealers et constate un manque de confiance , un dialogue rompu entre la police et les habitants.
Pour lui, la police municipale remplaçait largement la police de proximité. Il s’est trompé ! la police municipale, malgré le travail de ses agents, ne peut suppléer la police d’ Etat. Demandez aux habitants des quartiers Nord si la police municipale est une police de proximité ! Ils parlent surtout de surveillance, de répression et déplorent même une présence sur le terrain très inégale dont l’efficacité reste à prouver !

A ce jour B.BESCHIZZA reste sceptique sur le retour de la police de proximité:«je ne voudrais pas qu’on recommence les erreurs de la police de proximité qui a été un échec».
Mais l’erreur fondamentale, c’est bien de l’avoir supprimée au lieu de l’améliorer. L’échec c’est bien d’être passé brutalement d’une police de prévention et de terrain à une conception opposée, celle d’une police d’intervention et de répression, peu efficace pour régler les problèmes majeurs de trafics de drogue et de lutte contre le terrorisme car coupée de la population. Comment obtenir des résultats lorsque les citoyens sont devenus méfiants envers ceux qui doivent assurer leur sécurité?

B.BESCHIZZA après avoir parlé trop vite, critiquant déjà la mesure annoncée par le ministre de l’Intérieur, vient de lui envoyer un courrier afin qu’il désigne notre ville comme zone d’expérimentation et se déclare prêt à co-construire une police de sécurité avec le gouvernement…
N’insistons pas sur ce revirement! Retenons qu’il est prêt à coopérer pour un dispositif initié par la gauche mais malheureusement supprimé trop rapidement,dispositif approuvé par 93% des français dont de nombreux policiers qui veulent changer leurs rapports avec la population.
Il est temps de réparer les erreurs de N.SARKOZY ! Le président F. Hollande avait déjà fait un pas en créant 9 000 postes de policiers et gendarmes et en définissant des zones d’intervention prioritaire (Quartier Gros Saule pour Aulnay).

Le Ministre de l’Intérieur devra à présent préciser les modalités de mise en place de ce dispositif: les effectifs prévus , les moyens dégagés, sans oublier une formation adaptée des agents.

Oussouf SIBY

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