Rythmes scolaires : évaluons la réforme avant de faire marche arrière

Suite aux déclarations du Ministre de l’éducation nationale Jean-Michel BLANQUER qui offre la possibilité aux communes de sortir de la réforme des rythmes scolaires dès septembre 2017, le Maire a adressé une lettre aux parents d’élèves précisant qu’il maintient l’organisation prévue en cours d’année: une semaine de 4 jours et demi avec classe le mercredi matin au lieu du samedi.
Son intention de ne rien changer à quelques semaines des vacances est louable mais nous dénonçons son argument mensonger lorsqu’il écrit :
«j’ai encore en mémoire le traumatisme partagé d’une rentrée 2014-2015 organisée à la va-vite et que j’avais suffisamment critiquée pour ne pas la reproduire»!
Une tentative de plus pour rejeter la responsabilité des difficultés de la rentrée 2014 sur l’ancienne municipalité ! La vérité : l’ancienne équipe, après 18 mois de travail et une vaste enquête concernant 7 000 enfants, avait défini dès décembre 2013 la nouvelle organisation de la semaine incluant les TAP et choisi le mercredi de classe. Dossier abandonné par les nouveaux élus puis, à la stupéfaction générale, alors que les familles s’étaient organisées, M.BESCHIZZA imposait fin juin et pour 3 ans le samedi matin travaillé, provoquant panique, mécontentement général et mobilisations répétées.

M. BESCHIZZA précise également dans son courrier: «j’ai toujours été favorable à la semaine de 4 jours….J’accueille donc positivement cette liberté retrouvée pour les communes d’organiser les rythmes scolaires ».
Dans le scénario envisagé par le Ministre , chaque commune pourra adopter la semaine qu’elle souhaite, retour pur et simple à la semaine de 4 jours, maintien de la semaine de 4,5 jours, avec ou sans périscolaire. Ce serait donc la fin du cadrage national , le risque d’ une multiplicité de rythmes annuels sur le territoire national . Comment se feront les choix , par qui et pour qui? Il est à craindre que les logiques d’arbitrage financier l’emportent sur la volonté de garantir aux élèves la meilleure organisation pour bien apprendre. Ainsi à Aulnay, en optant pour la semaine de 4 jours, le Maire économiserait un jour de cantine avec de surcroît, une organisation simplifiée des centres de loisirs .
La semaine de 4 jours mise en place sous N.SARKOZY en 2008 a pourtant été condamnée par la communauté éducative et bon nombre de chercheurs et spécialistes.Un élève français passe ainsi 142 jours par an en classe contre 190 en moyenne dans les pays de l’OCDE. Un chronopsychologue déclare « En un siècle, on a perdu un tiers du temps d’école. A l’école, tout est compressé, les élèves n’ont pas le temps de respirer» . Les emplois du temps surchargés du primaire mais aussi la déconnexion totale entre les temps scolaires et les rythmes de l’enfant sont responsables, au moins en partie, de l’échec, des phobies scolaires et du rejet de l’école par les enfants en difficulté.
En 2014, le rétablissement de la demi journée supplémentaire allait dans le bon sens : 36 matinées de plus pour mieux apprendre , un gain précieux pour la majorité des enfants, surtout pour ceux qui ne peuvent pas être aidés hors de l’école.
Il est à craindre également que la suppression de la réforme entraîne la disparition des activités périscolaires qui ont permis à des milliers d’enfants de découvrir et pratiquer des activités artistiques, culturelles et sportives.

Nous ne comprenons pas cette précipitation du Ministre qui ne prend pas le temps de la concertation et de l’évaluation alors qu’il faudrait au contraire une réflexion approfondie sur l’organisation de la journée, de la semaine et de l’année.
Nous restons favorables à la semaine de 4,5 jours avec une complémentarité des temps scolaires et périscolaires et serons vigilants sur les mesures prises dans notre ville.

Evelyne Demonceaux

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