Le projet de super piscine: l’opposition alerte le maire

Hier, mercredi 1 février a eu lieu le premier Conseil municipal de l’année 2017, de nombreuses délibérations étaient à l’ordre du notamment celle sur la piscine.

Vous trouverez ci-dessous l’intervention du Président du Groupe des élus socialistes et Républicains concernant la délibération sur le projet d’une super-piscine du maire.

« Monsieur le Maire,

Je voudrais apporter une précision ,qui est loin d’être un détail, sur la définition même du type de contrat que vous vous apprêtez à faire voter par le conseil municipal.

Il s’agit en fait d’une conception réalisation et gestion englobant le financement de l’investissement.

Il s’agit bien d’un contrat assimilable à un partenariat public/privé (PPP) rebaptisé pour l’occasion Délégation de service public concessive.

Qu’ est-ce-que cela veut dire pour les Aulnaysiens ?

Je voudrais faire un bref retour sur vos commentaires habituels concernant notre gestion des finances de la ville : nous avions soi-disant vidé les caisses .

Pour rappel, l’endettement de 2008 à notre arrivée était d’ un peu plus de 40 millions d’euros et en fin de mandat d’environ 100 M.

Cet effort financier de 60 M a été dédié à la rénovation des quartiers nord (33 M pour le PRU) les rénovations et extensions des écoles et bâtiments publics pour 10 M et bien sûr 17 M pour la déconstruction – dépollution de l’usine d’amiante .

Vous avez réduit les investissements de 12 M par an au titre d’une gestion de soi-disant « bon père de famille » et aujourd’hui vous n’hésitez pas à endetter la ville à hauteur de 32 M d’euros sur 25 ans pour un équipement pharaonique qui n’est pas en corrélation avec les besoins des habitants.

Pourquoi 32 M sur 25 ans ?

L’investissement de 32 M surdimensionné, impossible à financer par le budget ville, vous oblige à recourir au PPP, d’où l’obligation pour la ville de verser une subvention contribution financière d’environ 1, 3 M d’euros par an pendant 25 ans. Voilà ce que vous vous apprêtez à léguer aux jeunes générations.

Il aurait été plus sage de prendre une autre orientation, celle de la rénovation, modernisation de l’équipement actuel dont le scenario a été esquissé à hauteur de 9 M d’euros , comme bon nombre de villes ont décidé de le faire.

Ne prenons que l’exemple de Paris qui rénove ses piscines ayant un caractère patrimonial comme notre stade de Coursailles. Ces actions prolongent leur durée de vie bien au – delà des soi disant 20 ans tout en garantissant à ces équipements une évolution tenant compte des exigences actuelles .

Exemple : la piscine Edouard Pailleron dans le 19ème  de type carcéral , mitoyenne d’une patinoire des années 70, rénovée en un vrai centre nautique avec hammam, sauna, salles de sport …

Le caractère patrimonial de cette piscine parisienne est comparable à notre piscine actuelle. Pour preuve, elle était jusqu’en décembre 2015, inscrite sur la liste des bâtiments remarquables annexée au PLU mais vous avez pris soin de la faire disparaître de cette liste à la révision du nouveau PLU. Vous aviez donc déjà prévu sa condamnation alors que l’on aurait pu comme pour l’église Saint-Paul du quartier Ambourget, avoir pour ambition d’obtenir pour notre piscine, le label  patrimoine du XXème siècle.

Vous avez pris finalement la décision d’opter pour le site de Balagny, choix que nous avons soutenu. Vous avez donc encore la possibilité au travers du cahier des charges qui sera remis aux groupements du PPP , de demander que 2 offres soient étudiées :

-un projet de rénovation et extension de l’actuelle piscine avec éventuellement l’intégration de nouvelles prestations.

-un projet de démolition /reconstruction totale.

Je ne doute pas que la réflexion et les propositions des concurrents pourraient vous amener à revoir votre position.

Par ailleurs, le rapport de présentation stipule un ticket d’entrée à la partie piscine de 4,50 en 2020.

  1. ce tarif risque fort d’être réevalué sur la durée du contrat,

  2. il est noté plus loin que les éléments financiers indiqués sont donnés à titre purement indicatif.

Toutes les incertitudes persistent quant à la réalité du montage financier exposé sur lequel vous nous demandez de nous prononcer.

Que se passera-t-il si l’opération financière s’avère déficitaire ? Qui devra équilibrer le budget annuel ?

Pour exemple, combien va coûter le gouffre financier d’autolib puisque le délégataire ne prend en charge uniquement qu’une partie du déficit, le reste étant à la charge des habitants.

Trop de temps a été perdu pour bâtir un vrai projet concerté avec la population. Notre ville sera restée au mieux, les 6 ans de votre mandat, sans équipement permettant aux enfants d’apprendre à nager et aux familles de profiter d’un équipement essentiel au mieux vivre ensemble dans notre ville.

Etant fermement opposés à la privatisation des services publics municipaux et notamment de notre piscine municipale, nous voterons CONTRE cette délibération. »

Guy CHALLIER

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