Une tribune de novembre de niveau primaire

L’agressivité caractéristique de la primaire de droite est-elle contagieuse ? C’est en tout cas ce que l’on serait en droit de penser suite à la tribune d’Alain Ramadier dans le numéro Oxygène de novembre. L’adjoint au maire n’était pourtant pas de ceux de la majorité que l’on pouvait considérer comme outrancier, ni dans les idées, ni dans les propos. La tribune de ce mois-ci ne se différencie donc pas beaucoup de celle du mois d’octobre où Stéphane Fleury signait un texte aussi violent que mensonger. Si l’on peut légitimement se demander ce que vient faire l’invitation à participer à l’élection primaire de droite dans le magazine municipal, c’est plutôt la malhonnêteté intellectuelle de Monsieur Ramadier qui est préoccupante.

 Cette primaire n’est pas celle « de la droite et du centre »

Monsieur Ramadier ressort le fameux couplet de la « primaire de la droite et du centre » au mépris de la réalité. En effet, rappelons que les centristes de l’UDI ont refusé de participer à une élection qu’ils jugeaient beaucoup trop à droite par rapport à leurs convictions. Comme on les comprend ! En mars 2016, consultés par le président de leur parti, ils rejetaient à plus de 66% l’idée d’aligner un candidat au côté des représentants de la droite extrême – Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé en tête. Un sondage récent montrait d’ailleurs que le cœur des voix de l’ancien président de la République lui viendrait à coup sûr de l’extrême-droite.

Le public de cette élection relève davantage de « la droite et de l’extrême droite » que de « la droite et le centre ». Le débat télévisé du 13 octobre dernier l’a bien montré : lors de cette confrontation, tous les sujets sensibles (pauvreté, chômage, services publics, problématiques de santé, de vieillesse, de handicap, jeunesse) ont été soigneusement évités. A la place, les sept candidats ont préféré enchaîner les contre-vérités et les propos anxiogènes sur l’islam et l’immigration. Enfin, souvenons-nous que Jean-Frédéric Poisson, participant à la primaire, assume clairement une position d’alliance avec Marine Le Pen.

Une tribune qui appelle à la participation contre des modalités qui encouragent à rester chez soi

Les modalités d’organisation des deux tours de scrutin étaient infinies dans leurs possibilités. Parmi celles-ci, Bruno Beschizza et ses troupes ont choisi celle qui risque le plus de limiter la participation. En effet, en décidant de n’ouvrir qu’un seul lieu de vote, ils limitent de facto les chances de participation. Pourquoi ne pas avoir choisi plusieurs bureaux de vote répartis sur l’ensemble de la ville ? Tout simplement parce que le maire, soutien de Nicolas Sarkozy, espère peu d’électeurs se déplaceront ce qui avantagera son maître à penser. Alain Ramadier n’a peut-être pas été mis dans cette confidence stratégique ou peut-être qu’il fait semblant de ne pas comprendre. Allez savoir.

Sept candidats dont aucun n’est à la hauteur des enjeux

Monsieur Ramadier parle d’alternance et d’une grande occasion pour notre pays. Mais quel est le choix proposé aux aulnaysiens et aux français dans cette élection ? Les candidats de droite ont en réalité, peu ou prou le même programme : réduction criminelle des dépenses publiques, suppression de postes de fonctionnaires (de la part d’une majorité qui crie sur tous les toits qu’elle « aime » les policiers, cela ne manque pas de saveur), suppression des 35 heures, politique fiscale favorisant les plus aisées, saccage de l’état de droite… En réalité, la seule chose qui différencie les candidats à cette élection, c’est la haine qu’ils se portent mutuellement. Il ne s’agit donc que d’une querelle de personnes dont rien n’est encore sorti de positif. Pire, courant derrière l’extrême droite, les candidats se livrent à une compétition grotesque et outrancière en montrant le peu de cas qu’ils font de la situation sociale de notre pays.

Monsieur Ramadier finit en beauté par une attaque en dessous du niveau de la mer contre les représentants du Parti socialiste local, mêlant de petites attaques fausses et mesquines qui montrent son absence d’envie de promouvoir les idées et les personnages de son propre camp. Enfin, il accuse le PS local de ne plus rien représenter, oubliant que son propre maire a été battu largement lors des élections régionales dans sa ville et le département.

Bref, cette élection est primaire, dans tous les sens du terme.

Vincent Galibert

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