Le maire et ses élus « Républicains » tapent sur la gauche mais restent muets sur les projets des candidats de droite pour 2017 !

Que nous dévoile le journal Oxygène de ce mois-ci ? Un maire qui profite de son éditorial pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement et plus loin, une tribune énumérant les difficultés actuelles avec même, s’il vous plaît, un trait d’humour plus que douteux  à propos de la ministre du travail.

Certes, nous vivons une situation sociale et politique de plus en plus tendue, une crise aggravée par des perturbations sociales liées principalement à la réforme du code du travail.

Ces mouvements sociaux cristallisent les mécontentements envers un gouvernement qui peine à régler notamment les problèmes de chômage et à remettre le pays sur les rails d’une croissance économique.

Mais alors que l’exécutif se déchire sur la réécriture de la loi El Khomri, que penser des propositions de la droite à propos justement du code du travail mais aussi de leurs leviers pour relancer l’économie ?

Car l’essentiel des programmes de la droite est connu puisque la primaire prévue pour le 20 novembre, qui permettra aux Républicains de choisir leur candidat à la présidentielle, approche à grands pas.

Ces programmes donnent une idée de ce qui attend les français en cas d’alternance : « Cap sur un libéralisme décomplexé » selon la formule de Jean François Copé.

La réduction des dépenses publiques, c’est leur leitmotiv.

Alors que les maires , et nous l’avons vu avec B. Beschizza lors de conseils municipaux ou d’interviews, tempêtent contre la baisse des dotations de l’état, les candidats de droite rivalisent dans leurs programmes.

La gauche avait pour objectif 50 milliards d’économie sur la période 2015-2017 entraînant une baisse des dotations pour les communes. Ces baisses ont d’ailleurs demandé aux communes des efforts budgétaires non négligeables alors que les dotations, l’ une des principales sources de financement avec les impôts locaux, permettent de financer les projets. Les collectivités territoriales représentant plus de 70% de l’investissement public en France, il est donc essentiel de ne pas casser cette dynamique.

Or, la droite va beaucoup plus loin et prévoit une économie sur les dépenses publiques en  5 ans, avec Fillon de 110 milliards, avec Juppé ou Sarkozy de 100 milliards.

Une baisse de 100 milliards, soit 5 points du PIB, c’est jugé comme irréalisable. Sarkozy avait promis 4 points de PIB en moins pour les dépenses publiques, il a terminé son mandat avec 4 points de PIB en plus.

Pour parvenir à un tel effort, la droite propose « un tour de vis » sans précédent et une « cure d’amaigrissement » qui risquent tout simplement de mettre en péril le modèle social du pays avec comme mesures phares : le report de l’âge légal de départ en retraite, la suppression de centaines de milliers de postes de fonctionnaires, l’allongement de la durée de travail, la baisse de l’assurance chômage, la baisse des dépenses de santé …

Quelques données chiffrées :

Fonction publique : Copé se prononce pour le gel des embauches, Juppé veut supprimer 250 000 postes, Sarkozy 300 000, le non rétablissement d’un fonctionnaire sur 2 dans les collectivités, Fillon 500 000 avec une réduction des subventions de l’Etat aux collectivités divisée par 4. La palme revient à Lemaire qui propose la suppression d’un million d’emplois publics en 10 ans et l’abrogation du statut de fonctionnaire territorial.

Le gouvernement de gauche a dû faire face aux difficultés provoquées par les suppressions de postes de fonctionnaires par Sarkozy en recréant des postes dans la police et l’enseignement. Comment penser que les chiffres avancés par la droite sont crédibles alors qu’il est indispensable de renforcer plus que jamais la sécurité, les moyens de la justice, de la santé, de l’enseignement …?

Le travail : les candidats de droite s’alignent sur des propositions ultralibérales telles qu’ une flexibilité accrue en matière de marché du travail, la facilitation des licenciements économiques, pour Lemaire des CDD renouvelables de façon illimitée et bien sûr, pour tous les candidats, la fin des 35 h , avec en perspective 39 h ….

Les droits sociaux : chacun rivalise dans ses propositions , dégressivité des allocations chômage et baisse de la durée d’indemnisation, fin des aides en cas de refus d’un emploi, plafonnement des minima sociaux ….

La retraite : report de l’âge légal à 65 ans, suppression du compte pénibilité, alignement des régimes du privé et du public et projet de supprimer les régimes spéciaux pour Sarkozy et Lemaire.

La fiscalité : même s’ils promettent une baisse des impôts des ménages, ils projettent une hausse de la TVA à 21% et ils tombent tous d’accord pour supprimer l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune !

Alors oui, il est urgent que le pays sorte de la crise actuelle. Mais les remèdes proposés par la droite, ces projets de régression sociale, satisferont-ils les français déçus du gouvernement actuel et sont-ils même crédibles ? Et au plan local, le maire, la 1ère adjointe et les élus républicains sont-ils prêts à soutenir ces programmes de leurs candidats pour 2017 ?

Oussouf SIBY

 

 

 

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