De quoi la non-politique culturelle à Aulnay est-elle le nom ?

Cette semaine et la suivante, les militants et sympathisants de la section aulnaysienne du Parti socialiste participent à une distribution de documents informatifs portant sur la politique culturelle de la municipalité, ou plutôt l’absence d’une telle politique culturelle depuis deux ans maintenant.

L’action que nous menons prend un retentissement particulier à l’aune de deux éléments : la crainte des habitants quant à la disparition de la scène du CAP et le vote du budget.

Concernant le CAP, peut-être est-ce important de revenir sur quelques rapides points de contexte. Depuis plusieurs mois, la municipalité – notamment par les voix de son maire et de sa première adjointe, l’adjoint chargé des affaires culturelles étant étrangement muet ou inaudible – a multiplié les déclarations concernant la scène du quartier de la Rose des vents. « Elitiste », « pas un équipement de proximité », fréquenté par des « parisiens », tels sont les mots employés par l’équipe municipale pour qualifier la scène culturelle. Sans chiffres à l’appui (ce serait dommage de donner des éléments factuels pour une fois), la sentence est donc décidée : le CAP va devoir changer. Or, c’est la peine qui est pour l’instant inconnue et la majorité municipale rivalise d’originalité dans ses changements d’options : un jour, seule la programmation doit être bousculée, un autre, il doit se transformer en maison des jeunes, encore un autre, en maison des artistes ou réunir toutes les activités de danse de la commune. Autant dire que tout cela est bien confus, et bien peu sérieux.

La volonté de transformer le CAP en petit équipement de quartier sans ambition ne fait donc plus de doute. C’est d’ailleurs prendre les habitants et les acteurs associatifs et politiques locaux pour des idiots que de continuer d’essayer de leur faire croire que le CAP connaîtra une renaissance grâce à ces changements. Alors qu’aucun projet crédible n’a été présenté en Conseil municipal, voilà où en est la scène aulnaysienne aujourd’hui : baisse des subventions municipales, suppression d’un tiers des postes, suppression du service communication et refus d’accepter un label qui aurait apporter 90 000 euros de subventions au CAP (la Ville a donc les moyens de refuser des sommes pareilles, première nouvelle). Somme toute, c’est bel et bien un étouffement financier qui attend le CAP, et rien d’autre.

Fort heureusement, la mobilisation des habitants commence à prendre forme. Une pétition montée par les adhérents du CAP et un certain nombre d’habitants expriment leur opposition au supplice promis à cette structure.

Les socialistes d’Aulnay-sous-Bois souhaitent soutenir ces initiatives car nous portons le projet d’une commune dans laquelle les biens et équipements culturels sont nombreux, de qualité et surtout, accessibles à tous, notamment les enfants, les jeunes et les plus modestes. C’est cela que l’on appelle une politique culturelle ambitieuse.

Ces ambitions, chacun remarquera qu’elles sont à des années lumière de la manière dont la municipalité envisage la mise en place d’une politique culturelle. Rien ne sert de crier à tout bout de champ que l’on veut du « bon et du beau » si les décisions ne suivent pas. Or, depuis deux ans, quelles sont celles qui ont été prises afin de renforcer les acteurs culturels de la commune ? Certainement pas la baisse d’un certain nombre de subventions, ni l’augmentation des tarifs pour le conservatoire ou encore, l’absence de projet pour la nouvelle implantation du club de danse du Galion.

Or, quel est le point commun à toutes cela? Des économies. A la question : « qu’est-ce que la culture ? », la réponse de la municipalité est d’une triste simplicité : une ligne sur un livre de comptes, une variable d’ajustement budgétaire. Pour le maire et son équipe, la culture est un poids pour le budget de la commune, elle n’a pas de valeur en soi, et son sort est tout tracé. Le recul de la mairie en termes de soutien aux acteurs culturels n’est donc qu’un début. La seule chance que nous avons, c’est que la multiplication des élections depuis 2014 joue comme un frein sur ses envies de suppression culturelle : il faut bien ménager les électeurs ! Tout porte à croire que lorsque seront passées les prochaines échéances, certains s’en donneront à cœur joie pour massacrer les quelques lambeaux qu’il restera des structures culturelles – et sportives – à Aulnay.

Aborder les questions culturelles uniquement sous le prisme budgétaire est absolument désolant.  Notre action collective ne peut qu’être de continuer à avertir les Aulnaysiens des risques que comporte une telle démission politique et les inciter à se mobiliser, toujours plus nombreux, pour défendre aujourd’hui le CAP et demain l’ensemble des structures culturelles de la commune.

Vincent Galibert

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