A Aulnay, la droite se prépare à la guerre des Primaires

Ceux qui suivent attentivement l’actualité politique du pays savent qu’un des événements les plus importants de cette année sera la tenue des Primaires ouvertes de la droite et du centre. Organisées en novembre, leur but sera de désigner un candidat unique aux élections présidentielles de 2017.

On en connaît déjà certains candidats, tous ne s’étant pas encore déclaré : François Fillon, Bruno Le Maire, Alain Juppé et bien sûr, celui qui est revenu pour se sauver, Nicolas Sarkozy.

Alors que ce sera la première fois que le grand parti de la droite (autoproclamée républicaine) organisera une telle élection, les inquiétudes commencent à se multiplier chez LR. En effet, les militants et les élus du parti ont encore le souvenir de la guerre entre François Fillon et Jean-François Copé à l’occasion des élections pour la présidence de l’UMP, fin 2012. Entre petites phrases assassines et accusations de tricherie, le débat public n’était pas sorti grandi de cet épisode. Il est d’ailleurs amusant de voir que l’ancien premier ministre de Sarkozy a d’ores et déjà annoncé sa candidature tandis que le second, Jean-François Copé, tente à tout prix de revenir malgré les casseroles qu’il traîne suite à l’affaire Bygmalion.

A Aulnay, on se souvient aussi que le maire, Bruno Beschizza, avait soutenu bec et ongles Jean-François Copé, lui organisant même un meeting à la salle Chanteloup où fort peu d’Aulnaysiens avaient fait le déplacement. Il faut dire que le candidat Beschizza était redevable à son président de parti de l’avoir parachuté sur la ville entre 2013 et 2014. Le maire s’est depuis reconverti au sarkozysme de ses premiers jours, de plus en plus dur au vu des dernières purges à la tête du parti de droite.

Or, tous les élus de droite ne sont pas aussi fanatisés à Aulnay. Depuis quelques semaines, quelques élus ont fait entendre une voix discordante et ont décidé de soutenir ouvertement Alain Juppé dans le cadre des Primaires. C’est le cas de Frank Canarozzo et de Fouad El Kouradi, tous deux adjoints au maire, qui ne se reconnaissent officiellement plus dans les positions clivantes et extrêmes de l’ancien Président de la République.

Cependant, ce que l’on ne vous dit pas, c’est que derrière ces soutiens affichés se cachent des querelles internes prêtes à exploser. On se rappelle par exemple des bruits qui circulaient sur le fait que Bruno Beschizza avait tenté de faire disparaître Fouad El Kouradi de sa liste de second tour lors des municipales. On suppose aussi que Frank Canarozzo apprécie mal le fait d’être complètement mis à l’écart de la majorité municipale après avoir été un pilier de l’opposition à Gérard Ségura entre 2008 et 2014. Peut-être aussi qu’à l’image des électeurs qui ont voté pour lui, certains de ses élus se sentent trompés et floués par ses promesses de campagne non-tenues. L’obsession du maire d’être candidat à une élection différente tous les six mois semble en effet mal passer. « Candidat partout, maire nulle part » se murmure dans les couloirs de l’Hôtel de ville.

Bruno Beschizza, déjà affaibli par ses très mauvais résultats aux élections régionales (alors qu’il était tête de liste départementale), désavoué par Valérie Pécresse qui ne lui a pas accordé de vice-présidence, devrait se méfier de cet embryon de fronde dans sa majorité.

Si les rumeurs de sa candidature aux élections législatives de 2017 se confirment, la situation dans le conseil municipal risque de devenir explosive.

Verdict à la fin de l’année.

Vincent Galibert

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