LE CAP L’ELITE DES SCENES DE MUSIQUES ACTUELLES EN PERIL

Le Cap devrait peut-être fêter son 15ème anniversaire à l’automne prochain, mais sous quelle forme  et avec quel projet de fonctionnement ?

Le Cap est une scène de musiques actuelles, « trop élitiste et destinée aux parisiens », tels ont été les propos tenus par le maire d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza dans le Parisien du 18 janvier 2016.

La première réflexion qui me vient à l’esprit, est d’essayer de comprendre sur quelle base le maire d’Aulnay-Sous-Bois fonde-t-il cette affirmation ? Une enquête sur les publics du Cap a-t-elle été faite ? Les musiques diffusées au Cap seraient-elles dédiées à une élite ?

Si on n’avait pas en tête, les thèses frontistes sur la question des élites on pourrait clairement imaginer le pire. Pour autant, les aulnaysiens fréquentant le Cap, ce lieu mixant la diffusion des cultures du monde à l’apprentissage de formes musicales complémentaires à celle du conservatoire ne peuvent qu’entrevoir la méconnaissance du premier magistrat de la ville à ce sujet.

Pourquoi ? Car il s’agit avant tout d’une programmation éclectique alliant les musiques du monde, à la chanson, du rock au rap et permettant un rayonnement du Cap à l’échelle de la région Ile de France. N’était-ce pas cela l’ambition de Jean-Claude Abrioux, maire de l’époque, d’inscrire un équipement novateur dans le cadre du projet de rénovation des quartiers Nord.

L’argument avait tellement séduit l’union européenne qu’il fut financé majoritairement par des fonds européens. Désenclavé le quartier par la mixité des publics tout en valorisant les cultures des habitants des quartiers Nord fut un pari clairement tenu et réussi par l’exécutif de l’époque et par le suivant.

Alors en cette période de disette financière, ce serait le premier équipement culturel aulnaysien à pâtir des restrictions budgétaires opérées par Bruno BESCHIZZA le Maire, Séverine MAROUN sa 1ère adjointe et Sébastien MORIN l’élu en charge de la culture. Que nenni, il y a  au-delà de l’orientation prise sous couvert du manque de finance locale, l’idée de confiner nos quartiers à leur seule destinée, tout simplement le déterminisme social à l’état pur.

Bruno Beschizza souhaite créer un laboratoire à l’échelle de la Rose des Vents pour justifier sa politique sécuritaire à tout va !!! En tout état de cause, c’est la première fois en près de 15 ans que la programmation du Cap n’a pas fait l’objet d’une plaquette et pourtant le site de la ville indique les concerts à venir : « MOUSS & HAKIM 1ère partie : Ensemble Gnawa du Cap » (Chansons algériennes) le 30 janvier 2016 et celui du rappeur Blacko le 12 février prochain.

A en juger les programmations à venir la notion d’élite parisienne tourne à la mascarade : 10 ans après les évènements dans nos quartiers et la disparition tragique des jeunes Bouna et Ziad à Clichy-sous-Bois, certains politiques continuent à cultiver le mutisme et alimenter les idées reçues.

Quoiqu’on en pense, les expériences d’implantation d’équipements culturels dans les quartiers permettent de faire ce lien indispensable entre les femmes et les hommes de la cité, ce lien indéfectible qui fonde notre humanité sur la recherche de l’égalité et de la fraternité.

Alors oui !!!!  Nous avons besoin de voir le Cap guider encore longtemps notre curiosité vers l’ailleurs car Aulnay-sous-Bois n’est pas cette carte postale des années 50 véhiculée par Bruno Beschizza et ses comparses mais une ville-monde riche de sa diversité culturelle en marche vers le 21ème siècle.

Je vous invite donc à vous mobiliser pour signer et faire signer la pétition mis en ligne par un citoyen « LONGUE VIE AU CAP A AULNAY SOUS BOIS » sur le site http://www.petitionpublique.fr/?pi=AULNAY

 

Latifa BEZZAOUYA

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