Quelles leçons tirer des élections régionales à Aulnay ?

Les électeurs franciliens se sont prononcés hier et ont choisi de donner une majorité à la liste de la droite et du centre.

Nous remercions les 8 648 aulnaysiens et aulnaysiennes dont la voix s’est portée sur la liste conduite par Claude Bartolone.

Notre candidat a adressé ses félicitations à Valérie Pécresse et montré son sens de la responsabilité en remettant son mandat de Président de l’Assemblée nationale entre les mains des députés de la majorité. Nous voulons saluer le courage et l’abnégation de Claude Bartolone, dont l’engagement pour nos quartiers populaires est aussi ancien que sincère, et lui dire que nous avons été fiers de nous battre à ses côtés.

De ces élections régionales, plusieurs leçons sont à retenir sur notre commune d’Aulnay.

Tout d’abord, avec 44,5% des suffrages exprimés, la gauche sort largement gagnante de ce scrutin dans notre ville.

Pour la première fois depuis 2012 à Aulnay, les candidats de la gauche rassemblée, représentés par Guy Challier sur notre ville, battent ceux de la droite la plus dure qui soit, celle de Nicolas Sarkozy, celle qui n’hésite pas à poursuivre le Front national sur son terrain sans pouvoir le rattraper.

Cependant, si une majorité des habitants ont choisi de porter la gauche dans les urnes, une grande part d’entre eux (53,9%) ont préféré s’abstenir. Chacun est comptable de cette désaffection et doit l’envisager avec le plus grand sérieux avant qu’elle ne nous conduise à des déconvenues encore plus graves. Rappelons qu’hier, plus de 2 000 voix se sont exprimées en faveur du candidat de l’extrême-droite. Et une voix Front national à Aulnay, c’est déjà une voix de trop.

Bruno Beschizza a beau se réjouir de la victoire de sa candidate, il ne pourra pas occulter très longtemps la déroute qu’il a subi sur ses propres terres. Hier, il a perdu plus de la moitié des électeurs qui avaient voté pour lui lors des élections municipales de 2014.

Pourquoi un tel désaveu ?

Il y a déjà le bilan, très négatif : abandon de nombreux projets essentiels sur l’urbanisme, développement séparé des quartiers, échec complet sur la gestion des rythmes scolaires et des activités périscolaires, aucune vision sur l’ancien site de PSA, patinoire au rabais, fermeture de la piscine… la liste est longue.

Il y a aussi le mépris de tout ce qui n’est pas comme lui, son refus d’écouter toute voix dissidente, l’oubli de ses promesses et la transformation de l’Hôtel de Ville en forteresse alors qu’il devrait être la maison commune de tous nos concitoyens.

Le résultat de dimanche a cela d’intéressant qu’il montre la réconciliation entre la gauche et les habitants de notre ville. Il montre aussi que sans les voix du Front national, la droite extrême de Bruno Beschizza ne peut pas obtenir une majorité de soutiens. Cela explique peut-être le si grand nombre de propos ou propositions à la limite de ce que peut tolérer le pacte républicain.

Les déclarations scandaleuses de la secrétaire national à l’intégration du parti les Républicains en sont le dernier exemple, mais non le moins révoltant. Elles montrent également les dégâts que ne pouvaient que provoquer une telle nomination politique au poste de directrice de la politique de la ville à Aulnay.

Les militants socialistes, écologistes et communistes de notre ville ne doivent pas gâcher ce beau mais amer résultat. Ces 44,5% de voix doivent servir à reconstruire, ensemble, une majorité alternative réunissant ceux qui pensent autrement à Aulnay.

Que personne ne s’y trompe : le rassemblement des forces de gauche est vital, non pas pour garantir des sièges à telle ou telle formation, mais pour le bien de nos habitants et la prise en compte de leur aspiration réelle.

Aux déçus du second tour, il faut lancer un message d’espoir : rien n’est perdu, il faut continuer à se battre.

Oussouf SIBY et Vincent GALIBERT

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