1O ans après la révolte des quartiers, nos quartiers restent incompris !

En ce mardi 25 octobre 2015,  j’ai une grande pensée pour Zyed, Bouna et leurs familles, deux jeunes qui ont étés tués le 25 octobre 2005 dans un transformateur électrique à Clichy-Sous-Bois alors qu’ils fuyaient la police. Cet événement tragique couplé par le mensonge des pouvoirs publics sur les circonstances de la mort fût le déclenchement de la colère et de la révolte des quartiers populaires. Trop longtemps on a tourné le dos, méprisé, stigmatisé et humilié  ces enfants de la République, il est aujourd’hui indispensable de reconnaître, respecter et écouter ces enfants de la France devenus orphelins. Ces habitants des banlieues sont le présent et l’avenir de la France.

Nos quartiers populaires, nos banlieues pâtissent d’une image tellement dégradée  que même ses habitants finissent pas se résigner et intégrer les stigmates. Quand les responsables politiques, les médias, les milieux économiques parlent de la banlieue en utilisant « délinquance » « immigration » « intégration » « trafic » « étranger » comment peut-on faire vivre au quotidien le vivre ensemble. Si notre pays n’est pas capable de rassembler tous les individus quelles que soient sa religion, ses origines, sa couleur de peau, qui le fera?

Ces dernières années des choses ont été faites il faut le reconnaitre, notamment la rénovation urbaine dans les quartiers. À Aulnay sous l’impulsion de Gérard Gaudron et poursuivi et amplifier par Gérard Segura la rénovation de la Rose des vents et de la RN2.  Néanmoins il reste encore beaucoup à faire car les changements opérés ne suffiront pas tant que le regard porté sur les villes de banlieue et leurs habitants n’aura pas changé. Trop souvent présentées comme la cause des maux de la société, ils continuent à être montrés du doigt et stigmatisés par tous ceux qui ne connaissent nos quartiers qu’à travers les médias et les clichés.

Il est insupportable de considérer en 2015 les habitants des quartiers populaires comme des citoyens de seconde zone. N’en déplaise à certains nous sommes français.

A Aulnay-sous-Bois, certains préfèrent jouer sur les peurs et organiser un développement séparé des quartiers  en refusant de construire des logements répartis sur toute la ville et accessible aux 9000 demandeurs de logements aulnaysiens. Il faut développer et privilégier une offre d’habitat permettant un vrai parcours résidentiel. La mixité sociale n’est pas un gros mot, elle doit être le fil conducteur dans tous les projets de ville. Nous devons construire partout et vite.

On peut injecter des milliards d’euros comme cela a été fait ces 10 et 15 dernières années mais sans politiques publiques fortes avec  un rattrapage républicain dans nos quartiers ,des services publics de qualité, des transports en communs performant, une véritable mixité sociale, un accompagnement scolaire et professionnelle de ceux quittent hélas trop tôt le système scolaire tous ces efforts serviront à rien.

Dix ans après la révolte de 2005 trop de jeunes se sentent assignés à résidence. La situation sociale et économique des banlieues reste très préoccupante. La lutte contre le chômage, les discriminations et toutes les formes de racisme doit se traduire véritablement dans le quotidien des jeunes par des mesures fortes attendues par tous.

Oussouf SIBY

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